Aimer - connaître

Aimer - connaître
Photo de Guy Leroy

jeudi 5 février 2009

Vents !

Voici un vieil écrit, déjà 8 ans. Je l'ai quelque peu repris pour le mieux faire sonner à mes oreilles d'aujourd'hui. Je me rappelle qu'à l'époque j'étais très inspiré par la voile. Deux années durant, l'objectif du "Bol d'Or" m'avait fait frissoné de passion. En navigateur amateur que je suis toujours, je nous vois encore lamentablement en rade avec notre équipage sur notre catamaran de 7m.50. Pour la deuxième année consécutive, "mon" Bol d'Or s'est arrêté dans notre course pour rejoindre... le départ ! "Caramba, encorrre rrraté !" Tant pis...

Sous les nuages d’Orient
Aux contreforts des Andes
Aux vingt-quatre heures du jour
Qu’à la nuit, ils vilipendent,

Le tissu céleste brouillant

Les âmes des vieilles calendes
Ils soufflent bien, toujours violents
Lorsqu’avec tant de fougue, ils s’arment.

Salpêtre, ils s’en mêlent un jour

En brassières d’oxygène, ils surviennent
Ils partent d’outre-tombe pour parvenir
Morts-vivants dans les cheveux des femmes.

Bousculades de fraîcheur

Accompagnant des tempêtes de mystères
Agressifs, vifs d’esprit et mous de corps
Sans doigt, ils décoiffent et retournent.

Vigoureux amis des navigateurs

Savants ennemis des aérostiers
Uniques soldats des armées célestes
Qui veillent à ce qu’on ne les surpasse.

Ils viennent, proviennent, surviennent

Mais jamais ne reviennent.
Un coup de vent est unique
Il naît comme il meurt et personne n’en sait rien.

Pascal Tornay

lundi 2 février 2009

Edith Lovey : Grand-Mère, raconte-moi ...


Un nouveau livre à compte d'auteur vient de sortir, et ce sont généralement les plus savoureux, car leur scénario, c'est du vécu pur ! Et là, il s'agit bien de cela... toute une vie !

Un best-seller tiré à 30 exemplaires sûrement tous déjà... donnés ! "Grand-Mère, raconte-moi" est un ouvrage qui, par petites tranches de vie, retrace l'existence de Grand-Mère Edith ! Frasques entre amies, jeunes années, rencontre avec Grand-Père Pierre et plein d'autres anecdotes de la vie à croquer à pleines dents !

Valérie Lovey (c'est ma petite soeur !) s'est éprise de Grand-Mère Edith. Sa joie et sa bonne humeur ont été contagieuse et Valérie a écouté longuement Grand-Mère Edith parler de ce qui est sa vie ! Elle a eu l'idée de l'enregistrer, puis elle a eu envie de transcrire tous ces tendres souvenirs sur papier en retranscrivant patiemment tous les secrets de Grand-Mère Edith...

Mais, je cite Valérie, "je crois que la véritable raison pour laquelle on a du plaisir à lire ces histoires, c'est qu'elle les conte si bien, son souci du détail, son humour font d'elle une narratrice d'exception. En lisant ce livre, on rit beaucoup, on est surpris, parfois même ému. Mais laissons-lui le mot de la fin : Ah, bien oui, tu ! ça ferait un joli souvenir."

A la découverte d'un univers rythmé par la campagne, la simplicité et la joie de vivre ! Grand-Mère, raconte-moi encore !

Pascal Tornay

lundi 22 décembre 2008

A vin nouveau, outres neuves ! (Mc 2, 22)

N’est-il pas vrai que notre coeur est plus à l’affût du moindre manque, de la moindre frustration et que ce biais l’empêche bien souvent de remarquer ce que justement ce manque est en train de faire naître ? On nous bassine avec le manque croissant de prêtres et l’on se crispe en ne voyant les défis à relever qu’à partir de ce fait. Je propose de changer de perspective… en compagnie de Mgr Albert Rouet, évêque de Poitiers.

Un prêtre au service d’une communauté est une très grande richesse. Il est le principe d’unité et de communion de la vie paroissiale, le signe incarné de la présence du Christ et de son Esprit au cœur de notre monde. Sans prêtre, pas de fête de l’Eucharistie… de la friture sur la ligne directe entre Ciel et Terre. C’est vrai. Mais allons plus loin. J’entends beaucoup de gens parler. Je les entend se reposer entièrement sur ces hommes “à notre service”… Ils semblent dire que le prêtre est une figure tellement centrale qu’en des temps où il y en aurait moins, toute la vie communautaire et notre foi en Jésus-Christ pourrait s’écrouler. Ce pessimisme ambiant, cette résignation, ce manque de créativité - ce manque de foi en somme - montre que nos communautés, sous pression, sont en train de vivre une “Passion”. Il faudra passer la mort. Il nous faudra espérer, et surtout s’engager. Car bien des communautés, aujourd’hui, sont esclaves de la figure du prêtre. C’est un terrible esclavage.

mercredi 17 décembre 2008

Ecrire c'est...

Visitez le monde de Susie !
Un vol au-dessus du monde. Pour moi, lorsque le feu de l'inspiration me prend, l'écriture est comme une puissante secousse sismique, une irrémédiable vibration charnelle, intellectuelle et spirituelle. Elle me prend en entier.

C’est une sorte d’appel à l’immortalité d’un mot, d’un ressenti qui, couché sur le papier engendre un autre sentiment de pouvoir, de transcendance du monde qui passe. L’écriture me permet de communier avec un monde enfoui – un autre monde – celui auquel, paradoxalement, les mots n’accèdent pas. Les mots seuls sont incapables d’appréhender, de qualifier, d’aborder même cet univers qui a besoin de l’homme pour le faire vivre.

L’inspiration est la fausse source de l’écrivain, la vraie en est le talent, le travail acharné, la sensibilité, la profondeur et l’enracinement de son être en Celui qui est la Vie, Dieu lui-même. J’ai le sentiment que plus l’écriture d’un texte est contraint par différentes règles formelles, plus il a été travaillé et plus il va en sortir allégé de toutes sortes de scories, plus il va s’en trouver alourdi de ce qui fait qu’il vit.

Ce sentiment est probablement faux, car ce qui fait vivre un texte n’est pas dans le texte lui-même. Cette vie ne peut pas se trouver ailleurs que dans un être vivant capable de le faire résonner avec sa proprehistoire… Impossible de dire qui du texte ou de l’être est à la source de la beauté de l’écriture, de sa force. Ils sont vie ensemble.

Saint Martin partageant son manteau.
(Bibliothèque nationale de France, ROTH 2529)
fol. 403 Bréviaire de Martin d'Aragon
Espagne, Catalogne, fin du XIVe s.
(60 x 60 mm)
Pascal Tornay

lundi 15 décembre 2008

Le chant et la liturgie.

De tous temps, la musique et le chant ont été des porte-voix vers le sacré. C'est d'ailleurs dans l'objectif du sacré, de Dieu - des dieux - que l'on faisait de la musique et que l'on chantait. Le jeune David ne ravissait-il pas le roi Saül au son de sa harpe ? Ne parvenait-il pas à dissiper ses soucis ! Des milliers d'années ont passé et l'Eglise est héritière d'une tradition de musique sacrée extraordinaire. D'œuvres monumentales aux modestes pièces, les chants des chorales et des groupes d'animation de la région embaument nos célébrations liturgiques. La musique accompagne la prière des croyants et les conduit au Seigneur notre Dieu, par leur beauté, par leur cohérence avec Sa Parole. Ils sont un onguent provenant du fond de l'âme des êtres humains. Ils sont un cri touchant, un hymne à l'amour de notre Dieu. Ils Le séduisent, comme Il nous a séduit par sa Parole et son Amour. Cherchons toujours mieux à mettre la musique et les chants à l'honneur dans nos célébrations ! Une place juste, un hymne vrai, des cœurs unis, d'une même voix dans un seul Esprit, celui du Christ.

Pascal Tornay

lundi 8 décembre 2008

La violence nous déshumanise.

La violence nous déshumanise
Sous de multiples formes, la violence règne autour de nous. Elle se déploie insidieusement dans les médias ; elle est la composante subtile de beaucoup de nos comportements les plus banals. En ce sens, nous sommes tous violents à un moment ou à un autre.

Le mot violence est apparenté au viol qui comprend trois acceptions : 1) transgresser la loi juridique ; 2) abuser sexuellement de quelqu'un ; 3) profaner ce qui vient du sacré.

Méfions-nous des explications trop simplistes et réductrices au sujet des causes de la violence, parce que cela la banalise et la rend naturelle en la ramenant à un phénomène social, psychologique ou existentiel qui ôterait toute responsabilité à la personne qui en serait l'auteur. L'on débouche alors sur des solutions techniques ou globales, sans apercevoir que la violence a des causes morales et personnelles redoutablement profondes. Face à la violence, nous avons moins besoin d'une science que d'une morale, car la violence ne provient pas d'une erreur mentale d'appréciation, mais d'une déficience d’amour, d’une conscience morale blessée.

En effet, une personne avec un comportement violent se violente avant tout elle-même. Elle s'éloigne des éléments qui fondent son humanité, ce pour quoi elle est faite (le bien, le bon, le vrai, le juste). Son comportement n'est plus conforme à sa nature d'être humain. C'est pourquoi le philosophe dira que la violence nous dénature, nous déshumanise. Mais alors d'où vient cette conscience morale qui permet à l'Homme de rester en phase avec sa nature d'homme-fait-pour-le-bien ?

La perspective chrétienne met la créature - merveille de Dieu - en face de son Créateur (au sens de Celui qui est Vie en lui). Ce dernier a gravé dans le cœur de sa créature une loi d'amour immuable pour le guider. Nous sommes donc conçu par et pour l'amour. C'est donc au cœur de nos entrailles que sont inscrits nos désirs, nos besoins fondamentaux et notre dignité. Oh! Comme le monde nous pousse fort à rechercher à l'extérieur de nous notre bonheur! Pourtant jamais aucun objet extérieur, fut-il du dernier cri, n'a jamais relevé un jeune de la dépression ou de la drogue..., ni donné un sens à une existence !

Si faible est cette Voix intérieure – celle de notre conscience morale (de notre cœur ou de notre centre) – qui nous invite, – que dis-je – nous supplie à visiter ce recoin de nous-mêmes. Cette conscience – cette sagesse – qui vient de Dieu, doit être travaillée, développée comme une plante qui demande des soins réguliers. Du silence..., silence qui n'est pas simplement une absence de bruit. Ecoutons-nous pour L’écouter Lui. Certes,cela demande un effort mais nous ne sommes pas seuls sur ce chemin.

L'homme naît en ne sachant rien de tout cela. Il a besoin impérieux que sa conscience morale soit éveillée à des valeurs, à elle-même, à d’autres que soi-même pour qu'il puisse se construire en phase avec le monde en vue duquel il est été conçu. Cela revient à dire qu'il faut que nous soyons éduqués spirituellement, c'est à dire des gens bien élevés... vers Dieu.
Janvier 2006




jeudi 4 décembre 2008

L’Avent sous le signe de la Miséricorde… L’après sous celui de la Joie !

Rembrandt, Le fils prodigue (1669)
Qu’il est bon de savoir que Dieu ne nous traite pas selon nos offenses ! Qu’il est rassurant de savoir qu’il guette sur la colline notre retour au bercail ! Mais qu’il est difficile d’ouvrir son cœur à Dieu pour le laisser panser nos blessures ! Qu’il est peu naturel de se livrer à l’aveu de ses fautes à un prêtre ! Qu’il est ardu d’abandonner sa culpabilité pour recevoir du cœur de Dieu un « je ne t’en veux pas, recommençons ensemble. »

Oui, qu’il est difficile à vivre ce sacrement du Pardon, ce signe visible du redémarrage d’une relation vivante au Christ ! Encore faut-il vouloir entrer dans une démarche avant tout personnelle… intime.

C’est un véritable chemin de re-conciliation que nous vous proposons de redécouvrir durant ce temps de l’Avent 2008 ! Rien moins que de vivre l’attente et la préparation à Noël en faisant les à-fonds du cœur et de l’esprit !

Confesser la miséricorde de Dieu avant son péché, c'est être certain que Lui nous accueille lorsque nous souhaitons revenir à Lui. Confesser d'abord qu'Il est l'Amour c'est pouvoir chasser en nous-même toute crainte de représailles... Confesser que Dieu est "tendresse et pitié, lent à la colère et plein d'amour" (Ps), c'est reconnaître qu'il est compatissant et au-dessus de nos rancunes. Aimant infiniment, et ne jugeant pas, le regarde du Christ transforme le coeur de ceux et celles qu'il croise sur sa route. A personne, ni à Zachée, ni à la femme adultère, ni à Marie-Madeleine, il ne reproche quoi que ce soit. Son regard divin et tendre, fait que naît de l'intérieur de son interlocuteur le désir d'être pardonné et de pardonner à son tour. Miracle de l'amour du Seigneur.

J'espère que l’étoile de l’immense bonté de notre Dieu pour chacun de nous puisse nous conduire à la crèche. Pardonner et être pardonné, n’est-ce pas un peu naître à nouveau ? Et la naissance n’est-elle pas une source de grande Joie ?

Le moment est propice: Jetons-nous dans ses bras !

Pascal Tornay

mardi 2 décembre 2008

Bénévolat : ces anonymes au service et à l'écoute des autres...


En décembre 1984, Kay Carpenter, une psychologue américaine, présentait, dans ses cours aux professionnels et aux bénévoles, ce "Portrait du bénévole et de la personne accompagnante". Un portrait dont nombre d'associations de bénévoles soucieuses de la qualité des services de leurs membres se sont inspirées. Un beau programme !


Pour la personne accompagnante,
"Accompagner" c’est surtout "Etre avec".



Elle accepte l’autre tel qu’il est.
Elle le valorise.
Elle le respecte, l’informe des choix possibles pour lui.
Elle tient compte de ce que l’autre veut.
Elle le regarde, lui parle, l’appelle par son nom.
Elle lui tient la main s’il le désire.
Elle sait écouter et écouter encore.
Elle ne porte pas de jugement de valeur.
Elle a reçu une formation et appartient à une équipe.
Elle sait supporter la douleur des autres.
Elle est tenue au secret de fonction.
Elle est responsable, disponible, pratique, souple et désire apprendre.
Elle sait dire non, mettre des limites.
Elle n’est pas rigide, ni évangélisatrice, ni angoissée par la mort.
Elle sait aider sans "materner", ni "sauver".
Elle a du soutien au sein de l’équipe et dans sa vie privée.
Elle a le sens de l’humour, et prend soin d’elle-même.


La Sève
Créée en 1992 à Vollèges, l'association « La Sève » (Association vollégearde pour l'Intégration et l'Entraide) assure différents services pour les personnes habitant le territoire communal. Composée actuellement de 45 membres domiciliés dans tous les villages, l'association a pour but de contribuer à la qualité de vie des personnes âgées, malades, handicapées ou en difficulté, par des actions ponctuelles et bénévoles et de susciter, au sein de notre communauté, un esprit de solidarité et de service. Depuis 1994, l'association vollégearde est membre de "Bénévoles Valais".

Ses services
Aujourd'hui, les services offerts se concentrent autour de trois pôles principaux. Le transport de personnes (consultations chez les médecins et/ou les hôpitaux ou encore pour d'autres besoins) occupe une place importante puisque plus de 5'000 km sont parcourus chaque année! Les visites des personnes qui séjournent dans les homes et hôpitaux constituent ensuite une bonne partie du travail des bénévoles. Enfin, le troisième pôle d'activité est la distribution de repas à domicile. En 2004, par exemple, 1016 repas ont été distribués. Enfin, les membres de "La Sève" interviennent aussi pour d'autres demandes d'assistances ponctuelles.

A l'occasion des Assemblées annuelles, un thème sur le bénévolat est présenté. En 2003 et 2004, c'est un projet de micro-crédit pour les femmes au Mali emmené par le groupe Idées'elles qui a retenu l'attention
de "La Sève". En 2005, ce fut le tour du projet SUJEEVA de Sonia Burri, citoyenne vollégearde, active au Sri-Lanka.

Interview avec les responsables de la Sève


Le bénévolat a-t-il le vent en poupe à Vollèges ?
"Il ne faut jamais oublier qu'il y a dans la vie locale d'innombrables coups de main qui sont tendus hors de toute structure, "La Sève" ne fait qu'organiser cette solidarité" déclare le président de l'association. "Il faut que les gens sachent que nos membres sont à disposition de toutes et tous. Certaines personnes n'osent pas demander... Qu'elles n'aient pas peur de nous solliciter en cas de besoin ! Nous sommes à l'écoute de leurs souhaits."

Les valeurs chrétiennes sont-elles à la base de l'association et votre motivation ?
"La Sève" est une association caritative laïque. Elle est au service d'autrui sans distinction de cultures ou de religions. Pourtant, je pense que la plupart de nos membres ont présentes en leur cœur d'authentiques valeurs chrétiennes", répond le caissier.

Quelles sont vos expériences au quotidien ?

"Les personnes âgées ou seules ont besoin de parler de leurs peines, de leur vie quotidienne et se réjouissent de nos visites. Alors lorsque nous le pouvons, nous prenons le temps de bavarder un peu, de les écouter, de partager un verre. Il faut savoir écouter et écouter encore la personne visitée. Il faut savoir aussi partager un peu de temps avec elle pour lui faire plaisir".

Pascal Tornay

lundi 17 novembre 2008

La volonté de Dieu, ça fait peur !

L’Eglise affirme que Dieu a un plan d'amour sur chacun de nous. Source créatrice de toute vie, nous croyons qu’il sait ce qui est le meilleur pour nous, puisqu’il nous connaît plus intimement que nous-mêmes, comme disait St Augustin. Faire la volonté de Dieu : cette idée ne heurte-t-elle pas notre désir fondamental de liberté ? A bien des gens, cette affirmation provoque des frissons. Et je n'ai pas été une exception... 

jeudi 9 octobre 2008

Les grands paradoxes des êtres pensants...

De plus en plus, je réfléchis en termes de paradoxe, c'est à dire en tentant de conjuguer les aspects contradictoires d'une réalité. Cette manière de penser, de regarder la réalité me plaît beaucoup, car elle me permet de me décentrer. Elle m’ouvre un champ de tensions à vivre, une vie à prendre à pleines mains. Elle dégage un chemin sinueux mais passionnant entre des perspectives antagonistes qui créent un univers fait de polarités. Si je me connais bien moi-même, loin de me déchirer, ces polarités me permettent de mieux me situer, d'avancer plus justement et de conforter ma position à travers elles. Ce champ de tensions me pousse à trouver un équilibre toujours plus solide dans ma vie, dans mes choix. Mais il reste des pièges…

Etymologiquement, le paradoxe signifie ce qui est "à côté (para) de la doctrine (doxa)". Ce qui est en marge de la pensée ; ce qui vient "agacer" la pensée construite ou toute faite... Le paradoxe est un peu le grain de sable dans les rouages de l’intellect humain. (Dieu est parfait dans ce rôle…) Mais tout n’est pas de l’ordre de l’intellect. Dans le poème ci-après – qui date de quelques années et que j’ai quelque peu ré-agencé – le paradoxe est plutôt saisi comme une sorte d’incohérence qui se glisse entre la pensée et l’agir, entre la tête et le cœur. Une division entre la volonté et l’agir des êtres. Cette division entre ce que je sens être bon, ce que je veux faire et ce que je fais peut se rapprocher de l’idée d’hypocrisie. L’hypocrisie au sens étymologique signifie opportunité (crisis) cachée (hypo = en-dessous), c'est-à-dire une sorte de déviance opportuniste qui fait passer le comportement humain du mode oblatif au mode captatif. On passe de « donner de soi » à « prendre pour soi ».

Bien qu’elle ne soit pas toujours conscientisée, l’hypocrisie est bien une pathologie de l’âme humaine qui perd progressivement le sens de la vérité de l’Homme et de la gratuité. L’être humain a un besoin immense de vivre des espaces de gratuité. Ils font cruellement défaut aujourd’hui. Qui peut mettre en doute le fait que sans amour les êtres humains se meurent… L’amour n’est-il pas le sommet de la gratuité ? A l’amour, on n’oppose ni explications, ni arguments !

Le paradoxe est donc vu ici comme l’incapacité à mettre en cohérence la bonne volonté et l’agir. Ce peut être à cause d’une conscience mal éclairée, d’une structure sociale injuste ou de lois iniques, etc. Quoiqu’il en soit, l’être humain, depuis toujours, souffre affreusement d’être divisé en lui-même entre lui-même et une fausse image de lui-même...

mardi 7 octobre 2008

Qu'ont en commun l'Etat insulaire de Vanuatu et la Mauritanie ?

La question est loin d'être bête et se pose réellement ! Vu de l'extérieur ces deux Etats n'ont rien en commun profitons pour en mieux connaître les contours... Je vous le dirais tout à la fin !

REPUBLIQUE DE VANUATU

Situation : La République de Vanuatu est un État de Mélanésie situé dans le sud-ouest de l'océan Pacifique, en mer de Corail. L'archipel est situé à 1 750 km à l'est de l'Australie, au nord-est de la Nouvelle-Calédonie, à l'ouest des îles Fidji et au sud des îles Salomon.

Devise nationale : « Long God Yumi Stanap »
ce qui signifie en français : « Nous nous tenons devant Dieu »
Langues officielles : Bichlamar, français, anglais
Capitale : Port-Vila 17° 27' S, 168° 11' E
Plus grande ville : Port-Vila
Forme de l’État :
République
- Président : Kalkot Matas Kelekele
- Premier ministre : Edward Natapei
Superficie : Classé 155e
- Totale : 12 200 km²
- Eau (%) : Négligeable
Population : Classé 174e
- Totale (2008) : 215 446 hab.
- Densité : 18 hab./km²
Indépendance : France / Royaume-Uni
- Date : 30 juillet 1980
Pays limitrophes
Frontières maritimes :
- Îles Salomon
- Fidji
- Nouvelle-Calédonie
Gentilé : Ni-Vanuatu ou Vanuatais
IDH (2004) : ▲ 0,670 (moyen) 119e
Monnaie : Vatu (VUV)
Fuseau horaire : UTC +11
Hymne national : Yumi, Yumi, Yumi
Domaine internet : .vu
Indicatif téléphonique : +678

REPUBLIQUE ISLAMIQUE DE MAURITANIE

La République islamique de Mauritanie, communément appelée Mauritanie, est un pays d'Afrique de l'Ouest. Elle est située sur la côte nord-ouest du continent et se situe entre 15 et 27 degrés de latitude nord et 5 et 17 degrés de longitude ouest.

Elle possède une côte de 600 km donnant sur l'océan Atlantique s'étirant de Ndiago au sud jusqu'à Nouadhibou au nord. Au nord, elle est limitrophe de l'Algérie, au Sahara occidental (majoritairement contrôlé par le Maroc depuis 1975), du Mali à l'est, et du Sénégal au sud.

Devise nationale : « شرف إخاء عدل » ce qui signifie : Honneur Fraternité Justice
Langue officielle : Arabe littéral, le français est aussi très utilisé.
Capitale : Nouakchott (18°09′N, 15°58′W)
Plus grande ville : Nouakchott
Forme de l’État : République
- Président du Haut Conseil d'État : Mohamed Ould Abdel Aziz
- Premier ministre République : Moulaye Ould Mohamed Laghdhaf
Superficie : Classé 29e
- Totale : 1 030 700 km²
- Eau (%) : Négligeable
Population : Classé 128e
- Totale (2004) : 3 086 859 hab.
- Densité : 1.95 hab./km²
Indépendance : de la France
- Date : 28 novembre 1960
Pays limitrophes :
- Algérie
- Mali
- Sahara occidental
- Sénégal
Gentilé : Mauritanien(ne)s
Monnaie : Ouguiya (MRO)
Fuseau horaire : UTC +0
Hymne national : Nachid al-watani (l'hymne au pays)
Domaine internet : .mr
Indicatif téléphonique : +222

Le point commun, le voici. Après 25 ans de recherche auprès de personnes ayant voyagé dans ces régions, après avoir fait de multiples brocantes et autres marché aux puces, je me suis résolu à acheter sur le net des pièces de monnaies de ces deux pays-là. Introuvables sinon !

Pascal Tornay

vendredi 3 octobre 2008

Accouchements dangereux en politique : des glissements lexicaux aux dérapages sémantiques

Pour gagner en politique, il faut convaincre. Et pour convaincre, on en conviendra, il s'agit d'argumenter. La parole se trouve ici au premier plan.

Comme la réalité se trouve être éclairée par notre regard sur elle, on a toujours trouvé dans le langage politique des tentatives pour ne plus appelé la réalité avec le terme le plus direct et le plus connu pour la désigner... afin de tirer parti d'un certain flou et de s'y engouffrer... On appelle cela "manipulation" lorsque les acteurs le font en toute conscience ! On appelle cela "langue de bois" quand le politique tente de décrire une situation dont il n'a pas le droit de parler ou à propos de laquelle il est malaisé de parler...

Glissades en tous genre !
Banales quand il s'agit d'expliquer que tel Conseil n'a pas pu/su prendre de décision sur les dispositions finales d'un texte législatif... Blessantes quand un haut-responsable de l'armée n'a pas le courage d'annoncer lui-même et directement aux familles un accident dont elles font les frais... Irritantes quand une personnalité ment à moitié ou cache sa malhonnêteté derrière un discours dont tous savent qu'il est fallacieux... Marrantes quand une personne tente de justifier un comportement qu'elle sait elle-même inadapté ou incongru... Graves quand il s'agit de la vie humaine... On en parle !

Pascal Tornay

mercredi 10 septembre 2008

Quelques photos de mes dernières virées

Simples prises de vues... simples souvenirs de moments souvent liés à l'effort, à l'amitié !



La vertigineuse montée au col de la Gemmi
au-dessus de Loèche-les-Bains (Leukerbad) Haut-Valais, 2350 m. alt.



Vue à l'est en direction du Lötschental.


Loèche-les-Bains, vu du col de la Gemmi.


CABANE RAMBERT
26 août 2008


Avec mon ami Philippe Valax... Une cabane par an !


Vue au sud avec le massif des Combins qui semble si proche.


Cabane Rambert (CAS) section des Diablerets 2580 m. alt.
Le Petit Muveran à gauche (2810 m. alt.)

Pascal Tornay

lundi 8 septembre 2008

La tendresse : Subtile caresse de l'Amour dans les mains de l'Homme

Avez-vous déjà vu l'amour ? Que non, nous n'en voyons que les effets ! Notre coeur sera-t-il assez sec pour dire que n'existe que ce que nous voyions de nos yeux ? Mais sûrement pas... L'Amour existe ! Qu'est-ce donc ? Un influx nerveux ? sexuel ? Dépend-il de nous ? Nous ne sommes pas l'amour, car on dit qu'il naît, qu'il jaillit de nulle part... Il nous échappe complètement !

Non, les amoureux ne sont pas l'Amour ! Ils le font peut-être (ou le célèbrent dans un rituel tendre) mais ils n'en sont pas la source ! Ce petit texte veut pointer ceci du ... coeur ! La tendresse, dont l'amour est la soeur aînée, vient de plus loin au-dedans de nous... La foi, qui donne de voir, nous rappelle que l'Amour n'est pas une chose, c'est un être vivant, c'est QUELQU'UN ! Qu'allons-nous en faire ? Je vous laisser avec Lui ! Bonne lecture.

mardi 2 septembre 2008

L’art de vivre en harmonie. Troisième extrait du livre d’Anselm Grün.

On
connaît tous la sentence de Socrate - « Connais-toi toi-même » -
inscrite, comme pour ne jamais plus l’oublier, sur le fronton du temple
de Delphes. Comment imaginer en effet améliorer, affiner notre rapport
au monde sans prendre le temps de bichonner, d’écouter ce formidable
outil sensoriel et spirituel qu’est notre cœur ! La Bible a parfois
utilisé le terme de « reins » pour parler de ce nœud au plus profond de
nous-mêmes. Les reins, ces filtres qui renouvellent, ces tamis qui
épurent… Ce centre où habite notre dignité, où germent nos intentions,
jaillissent nos joies et nos peurs ; ce centre rongé aussi par notre
culpabilité et notre hargne.

Nouveau choeur de l'église de Verbier-Station.
Le plexiglas fait rayonner la lumière en la laissant la traverser de part en part. 

Pourtant c’est
si facile de vaquer plutôt sans cesse ici et là sans prendre le temps
de rester en sa propre compagnie. Pourquoi faire ? Justement, pour rien,
se laisser respirer, laisser un espace, un peu de jeu pour que, comme
le bois, nous puissions « travailler ». Le temps de quelques minutes de
silence pour laisser monter en soi, ses désirs profonds, ses peurs et
les laisser prendre non plus un place démesurée, mais la leur. Comme une
respiration, dira Grün, comme un flux et un reflux qui apaise, qui
solidifie. C’est dans le repos, le silence d’un instant que se pose
l’Homme, qu’il grandit, qu’il épanouit ensuite toutes ses activités.
Pour que notre vie active, ne soit pas un activisme, vide de sens – et
surtout vide de bon sens.

Ah, moi-même, ce grand oublié !

Bonne lecture !


Pascal Tornay
Septembre 2008

Connais-toi toi-même.

"A quoi bon aller sur la lune si nous sommes incapable de franchir
l'abîme qui nous sépare de nous même ? Voilà le plus important de tous
les voyages d'exploration et, sans lui, tous les autres sont non
seulement vains mais cause de désastre." Cet avertissement, c'est Thomas
Merton, moine trappiste et écrivain spirituel, qui l'a formulé juste
après le premier voyage humain sur la lune. Ce voyage lunaire fascina le
monde et le fit rêver; en effet, cette utopie technologique donnait des
ailes à l'imagination et poussait l'optimisme, laissant espérer que
toutes les limites pouvaient être repoussées. C'était il y a plusieurs
décennies, déjà, mais ces mots sont toujours aussi vrais. Il y a peu,
une femme me parlait de son ex-compagnon, chef d'entreprise à qui tout
réussissait, qui l'avait abandonnée lorsqu'elle fut enceinte de lui.
Admiré de beaucoup, cet homme n'a pourtant pas conscience de maltraiter
les femmes dès qu'elles risquent d'égratigner son image. Il est évident
qu'il est éloigné de lui-même: ambitieux dans ses projets
professionnels, où il met en oeuvre le monde entier, il ne sait pourant
pas trouver le chemin qui le conduirait à lui-même. Il ne veut pas
reconnaître sa part de fragilité qu'il s'efforce de maquer par son
activisme. Tant qu'il n'aura pas surmonté l'abîme qui le sépare de
lui-même, il ne pourra être une bénédiction pour les autres. Il
continuera de blesser les gens autour de lui. Il lui faut abaisser les
autres pour croire à sa propre grandeur. Il rassemble autour de lui des
"nains admiratifs", comme l'a formulé le thérapeute munichois Albert
Görres. Et il refuse tout ce qui pourrait l'aider à se connaître
lui-même. Ainsi, tout ce qu'il entreprend, même si c'est à première vue
avec succès, continuera à détruire des êtres humains et, au bout du
compte, n'apportera aucune bénédiction en ce monde."

 
Va à la rencontre de toi-même.

« Va à la rencontre de toi-même – c’est là une des recommandations les
plus importantes  pour tous ceux qui avancent sur le chemin
spirituel. Pour les premiers moines, la connaissance de soi constituait
la condition essentielle de la rencontre avec Dieu. « Si tu veux
connaître Dieu, apprends à te connaître toi-même ». Celui qui ne se
connaît pas projettera sur Dieu ses aspirations refoulées. Il adorera
ainsi ses propres représentations sans atteindre le Dieu véritable qui
est toujours le tout-autre. La connaissance de soi nous délivre de nos
illusions et nous permet, ainsi, un regard clair et sans préjugés sur ce
tout-autre. Dieu passe alors de l’état de représentation de l’âme à
celui de réalité qui nous fait face.

Penser que notre vie
spirituelle consiste à bien maîtriser les passions de l’âme, à se
défaire de l’emprise des émotions et à parvenir à un état de liberté
intérieure est une idée qui ne date pas d’aujourd’hui. Il faut accepter
ses émotions, dialoguer sans cesse avec ses passions afin qu’elles
fécondent notre vie intérieure par l’énergie qui les anime. Ce n’est
qu’à la condition de laisser advenir ses propres sentiments, de les
accepter, que la vie spirituelle peut s’épanouir. D’ailleurs, c’est ce
que nous démontre notre respiration. En effet, elle possède une
structure intégrative, reliant dans son flux la tête, le cœur et le
ventre, soit l’intelligence, les sentiments et la vitalité. Dans sa
dynamique, elle montre le chemin à l’homme : accepter, relâcher, se
réunifier et se renouveler – c’est ce que nous apprenons sans cesse dans
le flux de la respiration. »

Extrait d’Ansel Grün, L’art de vivre en harmonie, Albin Michel, Paris, 2004, pp. 25-26 ; 30-31.

jeudi 7 août 2008

Hommage à Alexandre Soljenitsyne ou l'art de l'esprit critique constructif

Alexandre Soljenitsyne a été pour beaucoup l'âme contestataire d’un contre-empire soviétique. Il a porté lourdement les conséquences de son esprit critique avec les interdictions de parole, l'exil, et les camps de travail forcé. Il a, selon moi, donner les preuves d’une attitude philosophique de grande envergure. Le 3 août 2008, son propre pays, celui qui l’avait persécuté, lui a fait des funérailles nationales. Il n'est jamais trop tard pour bien faire. Comment vous rendre hommage cher Alexandre ?

La prière d'Alexandre

"La lutte pour la liberté que nous ignorons en Occident, des hommes et des femmes en Union soviétique la mène âprement et parfois au risque de subir ce qui est pire que la mort : la désintégration de leur personne dans des asiles conçus pour réduire à néant tous ceux qui veulent vivre, agir et penser en hommes libres. (...) Il fallait un géant comme Soljenitsyne pour nous en faire prendre conscience."  André Martin

jeudi 24 juillet 2008

Les mots et la mort : deux passages

Sur le chemin qui mène à
l'alpage du Plan-de-la-Chaux (Val Ferret)
au pied du Mont-Dolent.
Avec les mots et la mort, l'on se trouve aux prises avec une paradoxe, comme je les aime ! Ces deux réalités sont à la fois des lieux de passage vers la vie, des lieux de germination et tout autant des lieux limitrophes, des lieux de cassure et de blessure, dont il est difficile de dissimuler l'ampleur.

Ainsi, d'une part, les mots, c'est la vie par le lien possible à l'autre et au monde par la parole, l'écoute et avec le passage de la mort à la résurrection à la vie de Dieu avec, c'est la vie pleine de l'Eternel qui s'annonce. Pourtant d'autre part, les mots et les notions qu'ils pointent ont clairement leurs limites... Combien de fois ne ratons-nous pas notre cible en ne nous faisant pas comprendre justement. Le passage est bloqué, il n'est pas apte à transmettre la profondeur de l'être, la beauté de la vie. Peut-être parce que nous avons des oreilles, mais que nous n'entendons pas dit le texte de l'Evangile.

Pour être passage, la mort n'en est pas moins une limite absolue du connu humain. Une immense muraille qui peut tout aussi bien crisper, bloquer, renfermer. Si l'être humain est à l'image de son Créateur, alors il est paradoxe. Un paradoxe dynamique qui se meut et se développe dans les dédales terrestres du tout et de son contraire...

Voici un texte qui montre un peu les difficultés qui présentent ces "lieux de passage"... Bonne lecture.

jeudi 17 juillet 2008

L'argent, une clé qui ouvre une culture !

On peut idolâtrer l'argent au point de s'en rendre esclave... On peut user de l'argent en en connaissant la valeur d'échange. En m'intéressant à la numismatique, j'ai été attiré par l'argent moins à cause de la puissance - la richesse - qu'il procure, qu'à cause des aspects sociaux au sens large du terme entraînant avec lui tout un univers symbolique, culturel, politique et historique.

Avec la pièce de monnaie, je remonte le temps, j'apprends l'histoire et ses jalons, je frémis à l'idée qu'elle a peu-être été échangée sur telle ou telle marché contre telle ou telle étoffe, nourriture, travail... Bref, j'ai devant les yeux, dans les mains, une étincelle d'histoire et de culture ! Je voyage ! Je vous propose donc ici de faire connaissance avec 8 pièces de monnaies de plus ou moins grande valeur. La valeur étant pour moi plutôt secondaire. Pour autant, la plupart des pièces suivantes sont en argent au titre de 480 jusqu'à 900. Cliquez sur le nom de la monnaie et vous obtiendrez une carte d'identité numismatique qui va vous permettre d'entrer dans le mystère de l'origine et de la nature de la pièce de monnaie... En route !

Pascal Tornay





Quelques belles pièces :

8 reales - Royaume d'Espagne - 1776
1 penny - Royaume de Grande-Bretagne et d'Irlande - 1806
5 francs - Royaume de France - 1833
8 doubles - Territoire de Guernsey - 1834
2 kopecks - Empire russe - 1840
5 pengö - Royaume de Hongrie - 1938
1 livre - République arabe unie (Egypte) - 1968
5 shilling - République démocratique de Somalie - 1970

mardi 15 juillet 2008

Réflexion d'un laïc permanent dans un comité de parti...

Mes activités politiques au sein du comité du PDC de Vollèges et plus largement dans le champ politique au sens large dans le Bas-Valais sont antérieures à mon engagement comme laïc permanent dans l'équipe pastorale du secteur de Bagnes (diocèse de Sion). Extrêmement conscient de l'importance d'un engagement fidèle et profond des chrétiens dans le champ politique, la question se pose, dans mon cas, quelque peu différemment à cause de mon mandat public et officiel au service de l'Eglise. Qu'en est-il ?

Tous seront d’accords pour dire que cette position est risquée. Je l’accorde volontiers. Pour autant, le fait de devoir risquer n’est-il pas un argument insuffisant pour qu’il faille abandonner ? Il y a plusieurs types de situation. Pour un laïc permanent, travailler dans un parti se réclamant des valeurs du christianisme – et par ailleurs encore largement majoritaire à Vollèges – semble aller de soi et ne pas poser de bien gros problèmes. En effet, en période de calme, ma fonction de secrétaire se coule dans une indifférence à peu près générale.

A l’heure actuelle, le PDC vit des heures un peu plus houleuses, puisque des mécontentements se sont faits jour au sujet de la manière dont sont conduites les affaires communales et que des tensions émergent de droite et de gauche. Il faut dire que les élections communales s’approchent et que ce sont incontestablement des lieux (c’est à dire les élections internes ou les élections officielles) où le peuple aime montrer son pouvoir souverain soit en nommant, soit en évinçant les personnes qu’elles souhaitent ou non voir devenir devenir ses représentants. Les électeurs ont par ailleurs le devoir fondamental de l’exercer. Bref.

Ma position au sein de ce comité n’est tenable – me semble-t-il – qu’aux 6 conditions suivantes :

1. que le comité montre un front uni et solidaire et que ses dires soient en cohérence avec ses actes ;

2. qu’il assure un processus de pilotage totalement transparent et ouvert de la campagne électorale et des élections en s’assurant entre autres, constamment d’un maximum de distance critique face aux événements et aux propos tenus ;

3. qu’il respecte sa position d’exécutif, c'est-à-dire qu’il reste soumis aux décisions souveraines de l’Assemblée générale ;

4. qu’il ne prenne parti pour aucun camp émergeant lorsqu’il y a des dissensions, mais plutôt qu’il cherche à occuper une position arbitrale ;

5. que les seuls objectifs du comité soient la pacification des relations, la construction d’une société locale générant la solidarité, la confiance mutuelle, la bienveillance et la participation à la mise en place d’une équipe communale compétente et partageant les objectifs du comité ;

6. qu’il s’assure que toute atteinte au respect et à l’intégrité personnelle d’autrui soit bannie de ses Assemblées générales et de toutes ses instances.

Pour ma part, j’estime que ces 6 conditions sont réunies et que ma position de laïc permanent engagé dans ce champ – actuellement conflictuel – peut même être vécu comme un travail pastoral puisque mû par un profond désir d’œuvrer pour paix et la construction d’une société communale responsable et ouverte. En outre, il me semble extrêmement important de savoir distinguer fondamentalement la personne de sa fonction. Cela permet, indépendamment du travail effectué, des décisions prises et des actes posés par cette personne, de continuer à l’aimer pour ce qu’elle est. Je puis ainsi émettre certains reproches sur les actions et les comportements des personnes sans que, ni la hargne, ni l’amertume ne montent en moi et ne diminuent ma clairvoyance.

Il existe pourtant un autre type de risque. S’il est possible à mes collègues du comité, à mes supérieurs sur le plan ecclésial, à mes proches, parce qu’ils me connaissent bien, d’apprécier correctement ma position et mon comportement dans cette situation et d’affirmer que je suis dans la vérité et la justesse, il n’en est pas de même pour mes éventuels détracteurs qui pourraient, eux, voir les choses d’une autreperspective. Si tant est que je devais essuyer des attaques ou des jugements à mon encontre de la part de l’un ou l’autre groupe de la population, c’est ma position pastorale ou ecclésiale, et plus précisément ma parole en tant que membre laïc du clergé, qui pourrait être publiquement discréditée. Et de cela, indépendamment de la justesse de mon comportement, je ne suis pas maître.

Est-ce une raison d’abandonner cette charge à la charnière de l’Eglise et de l’Etat ? L’une et l’autre seront-elles toujours en concurrence ? A l’aube de mon engagement à plein temps et de plein droit dans l’équipe pastorale, dois-je déjà choisir mon camp ? Ne puis-je pas participer aussi à la construction du "vivre-ensemble" des hommes de cette terre dès maintenant autrement que par un apport spirituel ? Que ton visage m’éclaire, Seigneur, et je connaîtrais le chemin !

Pascal Tornay

jeudi 10 juillet 2008

Des chrétiens en Haute-Marne

Le petit village de Tornay
aux confins sud de la Champagne-Ardennes.
Je me suis rendu récemment - comme régulièrement - au sud de la Haute-Marne, dans la commune de Tornay où j'ai retrouvé de nombreux amis et connaissances et où j'ai partagé d'intenses instants fraternels. Tornay est un petit bourg agricole d'une quarantaine d'habitant. Un de mes amis, Denis Raillard, y a été élu maire l'an passé. Le conseil municipal est composé de 9 membres (8 actuellement) et parvient avec peine à mettre au point et à réaliser quelques projets de modernisation des infrastructures et d'embellissement des lieux de vie. Ceci à cause de la faiblesse des entrées financières et des difficultés d'entente entre les uns et les autres. Pourtant des avancées ont été faites et aujourd'hui une majorité de l'équipe municipale tire à la même corde. C'est réjouissant. Le conseil municipal et moi-même souhaiterions pouvoir publier une petite plaquette sur la commune de Tornay, sur son histoire et la vie de ses habitants. Nous sommes en train de rassembler le matériel nécessaire et notamment d'anciennes cartes postales et des références bibliographiques. Nous verrons encore quel ampleur, nous pourrons donner à ce projet !


Sur un autre plan, j'ai entre autres eu l'occasion de prier lors de deux célébrations de funérailles. J'ai été touché par la manière de célébrer du Père Philippe Robert, curé de la paroisse du Bienheureux Nicolas Colin (1) empreinte de simplicité, de profondeur, de compassion et de joie même. J'ai été touché par l'engouement d'un groupe de chantres dont les responsables - Mmes Marie-Agnès Frison et Chantal Heyman - m'ont invité à leur dernière répétition de chant annuelle, après que le Père Philippe m'eut présenté brièvement à la messe dominicale à Bussières-lès-Belmont, près de Tornay.

L'équipe pastorale est composée d'un prêtre, de deux diacres et de quelques laïcs permanents. Ceux-ci travaillent sur un territoire qui regroupe 23 communes et qui compte environ 3'000 habitants. La pratique dominicale est faible et la culture chrétienne ne correspond pas à ce que nous connaissons dans notre région du Val de Bagnes, mais le fait qu'il n'y ait qu'une messe "tournante" dans toute la région chaque dimanche rassemble les chrétiens... Ainsi, l'église ne manque pas d'être pleine. La moyenne d'âge est élevée, mais cela n'est pas un obstacle à la joie ! Mais la pratique n'est pas le seul signe à prendre en compte.

Je suis toujours très touché de voir s'organiser les chrétiens dans tous les endroits où je me rends en vacances. Je vois les hommes et les femmes d'une région être partie prenante de l'oeuvre du Salut de Dieu, prendre leur part à la venue du Royaume. Oui, les efforts de ces gens ne font pas de bruit. Un petit murmure dans un monde où gronde encore la haine et la violence. Petites avancées de la vie quotidienne, où le monde est porté, aimé, soigné, consolé. Moments banals de grâce dont la TV, bien souvent, se montre incapable de donner le moindre écho. Merci à tous ces gens !

(1) La cure est sise à Fayl-Billot et la paroisse appartient au doyenné Sud du diocèse de Langres qui regroupe 23 communes.

Pascal Tornay