Aimer - connaître

Aimer - connaître
Photo de Guy Leroy

mercredi 11 avril 2018

On ne peut rien faire...

Grand est notre sentiment d’impuissance face à ces problématiques complexes comme par exemple les réseaux de prostitution, le dumping salarial, les conflits guerriers, l'exploitation des ouvriers. Tout aussi fort est notre dégoût, peut-être, face à la victoire apparente du mal ! Bien amère est la pilule de notre faiblesse face à ces torrents d’injustices, de violences et de brutalités. Souvent, j’entends : « On ne peut rien faire » et cela me révolte, surtout lorsque mes interlocuteurs se proclament chrétiens. Qui est caché derrière ce « on » ? Pourtant, "JE" peux agir. Chacun à son niveau même s’il est seul ou âgé et ainsi mettre son indignation en acte. Comment ?

- Je peux sélectionner une œuvre locale qui lutte selon des valeurs auxquelles j’adhère et envoyer des dons réguliers. Cela peut paraître superficiel, mais si chacun envoyait des dons réguliers à des associations, le monde aurait un autre visage.
- Je peux adhérer à des groupes de pression politiques ou des organisations humanitaires plus grandes (CICR, ACAT ou Amnesty Int. p. ex.), signer les pétitions qu’elles font circuler, les faire circuler à mon tour dans mon giron et récolter quelques signatures.
- Je peux offrir mon temps comme bénévole.
- Je peux prier ! Proposer la prière à des amis. Porter ensemble des intentions. Entrer dans un groupe de prière dédié et y prendre part régulièrement.

Croyons-nous à la puissance de la prière ? Bien sûr, nous n’en voyons pas les effets, et c’est là où nous butons. Alliée à de petites actions, à l’échelle de ce que peut fournir un seul individu, par amour, l’intercession est une source intarissable de résurrection, de libération, de résolution. C’est ce que nous expérimentons dans la communion de prière : « Lorsque deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là au milieu d’eux » (Mt 18, 20). « Tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai. » (Jn 14, 13).

Redoublons donc d’ingéniosité chers amis pour que notre indignation ne prenne pas la forme d’un défaitisme honteux, mais d’une action et d’une communion toujours plus forte et confiante avec Celui qui a «vaincu le monde» ! (Jn 16, 33).

mercredi 21 mars 2018

Merci !

Cinq lettres qui font tant de bien ! D’où vient-il ce « mot-joie » ? Son vieil ami anglais, « mercy », a progressivement pris le sens de « pitié », « grâce » ou « compassion » Mot qu’on retrouve dans l’acte pénitentiel de la liturgie anglophone : « Lord, have mercy ! » Le merci francophone n’est pas étranger à ce sens quoi qu’il ait prit un chemin sémantique un peu différent. Le « merces » latin pointe plutôt des réalités comme le salaire, la récompense ou encore l’intérêt ou le rapport. Les termes « merces » et « mercy » sont donc actuellement des cousins plus que des frères.

Au 12e s., « crier merci », en vieux français ne signifiait pas « hurler sa reconnaissance » mais d’abord « demander la grâce » ! C’est aussi au 12e s. que le mot « merci » commence à devenir celui qui servira à des générations entières de reconnaître les bienfaits de leurs contemporains… Passionnante histoire !

Lorsqu’il m’arrive de traverser des moments plus difficiles, par exemple au moment où les angoisses de la nuit me gagnent, où l’ennemi se fait pressant et les combats intérieurs plus fatigants que « mercy » et « merci » pour moi s’enlacent… Ma douce prière se change en cri vers le Seigneur. Ma confiance en Lui fait que ma demande en grâce (qu’Il intervienne rapidement) est liée à l’action de grâce (merci d’être intervenu rapidement).

MERCI : un baume rafraichissant. La reconnaissance que je ne suis pas ma propre source. Redécouverte que vivre, c’est avant tout recevoir et reconnaître que, finalement, je n’ai rien que je n’aie reçu. MERCI !

Dans la langue de mon épouse, on dirait plutôt « TUASAKIDILA » ! Mais ça, c’est une autre histoire…

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(c) Dreamstime.com

De la loi à l'amour

Le Livre de la Genèse fut écrit entre le 8e et le 2e siècle avant J.-C. par de prodigieux esprits juifs, probablement influencés par une vision égyptienne du monde ou, en tous cas, par l’imaginaire socio-religieux des peuples sémitiques établit dans le « Croissant fertile ». Ce subtil poème aux intuitions exceptionnelles, manifeste que le monde est en évolution et qu’il répond au projet d’amour d’un Être extérieur à lui-même. Depuis les origines, cet univers créé s’est complexifié et s’est rempli de vie… Lumière, ciel, terre, puis eaux, végétaux, poissons, animaux terrestres et enfin, l’étonnante arrivée de l’humain, comme le couronnement d’un chef d’œuvre ! Comment ces esprits visionnaires, n’ayant aucun moyen d’observation et d’investigation scientifique sérieux à leur disposition, ont-ils compris ce que la poussée des sciences, des siècles plus tard, a confirmé. Par exemple, les astrophysiciens admettent qu’à un moment, « la lumière fut » ! En effet, progressivement, la dédensification de la matière à laisser échapper des particules nouvelles appelées « photons » qui ont pour spécialité de transporter de la lumière ! A partir de là, l’univers est devenu observable, car ces particules de lumière sont parvenues aux yeux des savants actuels ! N’est-ce pas étonnant ?

Au cours des deux derniers millénaires, une doctrine exprimée par des normes, illustrée par les Tables de la Loi et par les écrits qui lui font suite s’est précisée… Moïse en est la tête de pont. Cette Loi donnée par Dieu a contribué à extirper l’humanité du règne animal. Ces 10 règles fondatrices du vivre ensemble de l’homme continuent à influencer d’une manière inouïe les repères moraux actuels, même dans les régions du monde les plus éloignées de sa terre natale.

Peu à peu, cette Loi a engendré des comportements manifestant des signes de sclérose et a montré son insuffisance ou ses limites. C’est ainsi que le Christ survint, non pour abolir cette Loi, mais pour la pousser à son accomplissement et pour lui donner une orientation, c`est à dire l’ajuster au projet de Dieu. St Jean-Paul II écrivit à ce propos : « Le Christ est venu pour accomplir la loi, tout d'abord pour la compléter dans son contenu et sa signification, puis pour en révéler ainsi son sens complet et toute sa profondeur » (1) La Loi doit donc conduire à une relation personnelle, puissante, complète, bénéfique avec Dieu et particulièrement avec Jésus, vrai homme et vrai Dieu et avec notre prochain. Tout ceci participe de notre humanité : une relation d’amour gratuite est proposée. L’Homme n’est plus seul ; d’ailleurs dans la Genèse, Dieu lui donne une compagne, symbole de la relation que Dieu lui-même propose à tout être humain.

Qui donc a pu nouer une relation aussi exemplaire avec Jésus que Paul de Tarse ? Lui, l’adepte et le défenseur inconditionnel de la LOI, l’ennemi, le persécuteur des premiers disciples, est bouleversé par sa rencontre avec le Christ ressuscité sur le chemin de Damas. Nous sommes tous appelés à faire les pas de Paul vers Celui qui nous inspire, nous guide et pardonne nos faiblesses. Faiblesses qu’il connait de l’intérieur à travers son expérience humaine. Le Christ a les paroles de vie, la loi parfaite. Ainsi le Christianisme est PLUS qu’une doctrine, PLUS qu’une métaphysique. C’est réellement une relation suivie et fraternelle avec Quelqu’un. Elle s’épanouit chaque fois que nous aimons à la fois Dieu et notre prochain, dans la gratuité et la générosité, malgré les embûches et les blessures.
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(1) Jean-Paul II, voyage apostolique en Pologne, 1999.

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