Aimer - connaître

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Photo de Guy Leroy

samedi 8 octobre 2011

Fuite de la vie

Seul, submergé !
Voici le dialogue d'un homme qui tente une traversée périlleuse, une de ces traversées qui fait de la vie une aventure à la fois terrible et merveilleuse. Chaque fois qu'un être parvient sur l'autre rive, c'est l'amour, le don de soi, la vie qui l'emporte sur le repli et la mort. Histoire de passages...

Entendre le texte dit >>>

Je crois que toi, Seigneur, tu es la Vie ! Tu m’as toujours attiré vers Toi. Mais je ne sais pas comment. Je m’aperçois aujourd’hui que j’ai peur de la vie. Il me semble que tout est piège, tout est danger, tout est redoutable. Oui, il me semble qu’elle va m’avaler tout cru, comme un monstre affreux. A chaque aurore, je recommence et ne ménage pas mes forces pour chasser tout cela de mon chemin. J’ai pourtant l’étonnante impression que c’est la vie qui m’empêche de vivre. Vois-tu Seigneur, j’ai aussi peur de la vie et mon comportement garde parfois quelques traces de cette volonté de fuir. Pourtant, en y pendant, me supprimer m’apparaît d’une terrible lâcheté et d’une absurde couardise quand je pense que, toi, mon Seigneur tout-puissant, mon Père du Ciel, tu m’accompagnes.


Or, Père, tu sais combien de fois, j’ai choisi le chemin de la vie. Mais la vie, ce n’est pas seulement être vivant sur la terre. C’est beaucoup plus grand et plus beau que cela. Je ne veux plus fuir la vie, la paix et le bonheur, je veux vivre, Seigneur ! Oui, je voudrais me blottir comme un enfant contre la Vie et me mettre dans son sillage. Je veux me laisser faire par elle, laisser la Vie me faire vivre.

Accompagné !
Si souvent j’ai confondu la vie avec son contenu. Alors, croyant vivre plus, j’ai vécu trop vite ; croyant vivre mieux, j’ai mal vécu. J’ai cru que plus je faisais, plus je vivais. Dieu, quelle méprise ! La Vie est paisible et douce. En fonçant, je fuis la Vraie Vie. Non, je ne veux plus te fuir, Seigneur de la Vie. Je veux vivre avec toi dans ta paix et dans le rayonnement de ta joie. Seigneur, je t’en prie, aide-moi à croquer la vie à pleines dents et béni moi.

Père, je t’en supplie, viens en moi, permets que j’apprivoise la vie pour que cesse la peur de vivre, la peur du bonheur… la peur de Toi finalement. Je te bénis Seigneur, car j’ai une chance inouïe d’avoir près de moi une famille. Père, je t’en supplie, arrache en moi cette peur de la vie pour qu’enfin je vive de Ta vie. Non, je ne veux plus croire que la vie est seulement danger, pièges redoutables, abîmes et difficultés. En réalité, je sais que si je prends le temps d’arrêter ma course folle, elle sera surtout surprise, étonnement, légèreté, tranquillité, amour, partage et joie, car elle provient de Toi, Dieu-Amour, père bienveillant et miséricordieux.

Pascal Tornay

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