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Photo de Guy Leroy

mardi 23 avril 2019

Ordination diaconale de Pascal - 9 juin 2019

Par le don de l’Esprit Saint, pour l’annonce de la bonne Nouvelle et au service de tous,
Mgr Jean-Marie Lovey, évêque de Sion
ordonnera diacre

Pascal Tornay 

dimanche 9 juin 2019 à 15h 
à l’église St-Michel de Martigny-Bourg
en la fête de la Pentecôte.

SOYEZ LES BIENVENUS ainsi qu’à l’apéritif qui suivra.
Inscriptions nécessaires avant le 20 mai 2019 


Devenir diacre ?
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Propos recueillis par Jean-François Bobillier, animateur pastoral

Depuis peu, j’ai la chance de connaître une nouvelle et belle amitié. C’est rare et précieux un ami ! Du coup j’aurais bien aimé le garder pour moi. Mais voilà qu’il lui prend une drôle de lubie : enfiler une nouvelle tenue de service et se donner à tout-va ! Comment, me direz-vous ? En osant amorcer un virage audacieux dans sa vie : devenir diacre ! Non mais franchement, Pascal, éclaires-nous un peu parce qu’on peut concevoir – à la limite – que tu te mettes au yoga, que tu prennes un abonnement au FC Sion ou que tu ouvres un salon de barbier… mais pas devenir diacre !

Alors diantre ! C’est quoi un diacre ?
En réalité, personne ne le sait vraiment ! Et la plupart des catholiques, même les prêtres, sont embarrassés pour donner une réponse satisfaisante… Le Concile Vatican II a rétabli ce service dans l’Eglise comme une mission propre. Alors que, jusqu’en 1965, on était manifestement diacre que pour « monter » vers le sacerdoce… Moi, j’ai peur en altitude, la première marche m’ira très bien !

Oui mais zut ! C’est quoi le but ?
Difficiles tes questions ! Si personne ne sait vraiment ce qu’est un diacre… Il me semble qu’on n’est pas tellement mieux paré pour parler du ou des buts du diaconat… Le mot diacre (diakonos) désigne le serviteur, terme qui n’est pas bien loin de celui d’esclave (doulos) ! Si le sacerdoce manifeste plutôt le Christ pasteur, berger de son peuple… Le diacre manifeste le Christ serviteur (souffrant ?). Bref, c’est pour dire combien l’affaire n’est pas une promotion ecclésiale !

Sapristi ! T’es tant attiré par la sacristie ?
Jeune, je ne me sentais pas à l’aide avec les jeunes de mon âge ! Anticonformiste, la sacristie m’allait comme un gant : j’étais de toutes les célébrations, de toutes les combines paroissiales… Et je m’étais rendu finalement indispensable à mes curés… En fait, au fond, je sentais une frémir la vie dans ce milieu. Il m’a été d’un grand secours pour traverser ma jeunesse… tout près du Seigneur. Je me rappelle qu’une personne m’avait déjà « taxé » de « diacre de Vollèges » à cette époque !

Aïe ! T’auras deux fois plus de travail ?

Aïe, sûrement ! Mais le curé Jean-Pascal sauras mieux le dire lui qui est prêt à cocher la case « liturgie » dans mon cahier des charges… Disons qu’au lieu d’être aux côtés de ma famille lors des messes, je leur pourrais leur faire des « clins Dieu » depuis l’autel.
Le diacre est entre autres habilité à baptiser et à célébrer des mariages… Mais tout ce qu’il peut faire, un prêtre peut le faire : il est donc inutile au sens où c’est un pauvre type qui se glisse dans les failles… D’où le fait qu’il est faillible et donc fragile et pauvre… On ne peut rêver mieux pour être du côté des plus vulnérables ! Voilà une des missions essentielles du diacre… Prendra-t-elle du temps, nul doute… Il faudra que j’aiguise mes carres pour surfer encore plus finement entre engagement ecclésial et familial.

Ouïe ! Mais t’as pas un peu la trouille ?
Bien sûr… Pas qu’un peu. Que te dire : l’angoisse et moi, on est « amis » depuis belle lurette… Elle m’a fait passer par des chemins très escarpés. J’ai dit oui, mais la route n’est pas tracée d’avance ! A chaque fois, j’ai dit au Seigneur au fond de moi : avec toi seul, ça passera ! Tu sais, on a beau apprendre la théologie pratique, mais lorsqu’une famille pleure et que ses membres ont besoin d’une parole pour traverser, ouïe !
Dans l’Ancien Testament, le Seigneur appelle Jérémie à son service. Jérémie frémit et s’exclame :
– « Je ne sais pas parler. Je ne suis qu’un enfant ! »
– Ne dis pas cela, rétorque Dieu, tu iras vers tous ceux à qui je t’enverrais. Tu ce que je t’ordonnerais, tu le diras… Je serais avec toi ! »
Bref, tu vois comment je me sens !

Saperlipopette ! Mais qu’est-ce qu’elle dit Colette ?
Colette a un émetteur-récepteur spirituel hors du commun… bâti à partir d’une riche expérience humaine et ecclésiale ainsi que d’une formation théologique. Donc, lorsque je me suis dit qu’il fallait lui parler de ce que je sentais, Colette a rétorqué : « C’est pas trop tôt ! » J’ai donc été assez vite confirmé qu’il fallait creuser dans ce sens !

Mais diable ! C’est le bon Dieu qui t’appelle ?
Je le crois vraiment ! Après mes études de sciences politiques, avec les copains, on s’était fixé que celui qui atteindrait un ministère le premier paierait une belle soirée arrosée… Devenant, animateur pastoral en 2008, je les ai tous devancé… Les ayant perdus de vie, je me dis que ce sera plus simple d’attendre les noces éternelles pour fêter ça. Prions que tous y soient !

Baste ! Je te sens plutôt enthousiaste…
Oui, la joie est là ! Elle est mêlée à un tressaillement face à l’Immense ! Vers qui, vers quoi cela mènera-t-il au quotidien ? « Viens et tu verras ! »

À la bonne heure ! Pour toi, c’est quoi le bonheur ?
Le bonheur, selon moi, c’est adhérer à la vie ! Coller à ce qui m’est proposé aujourd’hui… même et surtout l’imprévu où Dieu se cache souvent… Un défi !

M’enfin ! J’te laisse le mot de la fin.
Pourvu qu’il soit « vie » ! Je dirais volontiers, à la suite du pape François : « Ami, prie pour moi ! Pourvu que ma vie te serve Seigneur… »

Article paru dans l'ESSENTIEL, Le magazine paroissial du Secteur Martigny, avril 2019

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