Aimer - connaître

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Photo de Guy Leroy

mardi 17 mars 2020

Ralentissement

Ah ce virus ! Il en aura fait parler à toutes les sauces. Et ça continue, puisque j’écris encore à ce sujet… En marge des alertes, des pleurs et des drames par milliers, il y aura eu, plus silencieusement, ce que tant d’esprits (sains.ts?) deman-daient avec ferveur depuis longtemps : un ralentissement de la course folle, un retournement vers davantage de sobriété, de simplicité, un retour à ce – et ceux – qui se trouve-nt autour de soi…

Englué qu’il est dans le superficiel, la course à la possession matérielle et au salut par l’argent et le pouvoir, le genre humain seul serait-il, seul, parvenu à un tel résultat ? Il aura fallu qu’un être vivant microscopique – pour ne pas dire invisible – fasse le sale boulot. Il ne faudrait pas qu’elle nous lâche trop tôt, cette petite bête, car nous repartirions tous autant que nous sommes dans la course infernale… aussi vite que nous avons plongé dans l’immobilité – que par ailleurs j’appelais de mes vœux de manière prophétique, rappelez-vous, dans mon dernier billet (Journal Vie et Foi n° 192).

Nous y voici donc dans une certaine immobilité qui, chez certains, provoque l’anxiété, chez d’autres, la sérénité… Deux camps ! En effet, l’hystérie de certains montrent d’une part combien notre peur de manquer est grande et d’autre part en quoi (ou en qui) nous avons placé notre confiance. Les temps de crise sont de puissantes loupes sociologiques : elles manifestent clairement où nous en sommes avec nous-mêmes, avec les autres et avec le Seigneur ! Cela me rappelle la parabole des brebis et des boucs que le Christ place à sa droite et à sa gauche dans l’Evangile (Mt 25, 33). Comme l’on sait, cette frontière ténue passe à l’intérieur de chacun d’entre nous. Nous avons tous à faire à nos démons. Ces temps si particuliers les feront ressortir. Il faudra leur faire face. Si c’est pour qu’ils nous quittent définitivement, ce sera une excellente chose.

« Mieux vaut s'appuyer sur le Seigneur que de compter sur les hommes ; mieux vaut s'appuyer sur le Seigneur que de compter sur les puissants ! » (Ps 118, 8-9)

Quelle n’a pas été ma surprise de voir les rayons des supermarchés de Sembrancher où j’approvisione ma famille, être dévalisés comme en temps de guerre. J’imaginais cette hystérie avoir lieu dans les grandes villes de Suisse romande… Dans cette situation sans précédent, je nous exhorte à rester dans la paix et la confiance dans le Seigneur et, en toutes circonstances à (ré)agir comme des chrétiens, c’est-à-dire rester à l’écoute de la Parole de Dieu, fidèle à la prière, attentifs aux besoins des plus proches et être prompt à l’action solidaire. Et le dernier mot revient au psalmiste : « Seigneur, je n'ai pas le cœur fier ni le regard ambitieux ; je ne poursuis ni grands desseins, ni merveilles qui me dépassent. Non, mais je tiens mon âme égale et silencieuse ; mon âme est en moi comme un enfant, comme un petit enfant contre sa mère. » (Ps 130, 1-2)

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Crédit images : © LDD

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