Aimer - connaître

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Photo de Guy Leroy

samedi 16 février 2008

Carême 2008 : Proche de soi, proche de Dieu !

L’Eglise nous propose de vivre différentes expériences durant le temps du carême : le jeûne, le renoncement à certaines choses ou la tenue d’une bonne résolution… ou encore une plus grande assiduité à la prière. L’Eglise nous propose de vivre différentes expériences durant le temps du carême : le jeûne, le renoncement à certaines choses ou la tenue d’une bonne résolution… ou encore une plus grande assiduité à la prière.

Sait-on prier ? Le Seigneur nous dit qu’il faut apprendre ! (Mt 6, Lc 1, 11, Rm 8, 26). Apprendre, cela signifie, entre autres, faire des expériences, se laisser enseigner et ne pas perdre courage… Mais avec qui donc entre-t-on en contact en premier lorsque l’on se met en prière ? Beaucoup répondraient : « Dieu », n’est-ce pas ? Et bien ce n’est pas si sûr ! En effet, je crois plutôt que c’est avec nous-mêmes d’abord que nous entrons en contact lorsque s’installe le silence autour de nous. Jamais autant que dans le silence, nous avons à faire à nous-mêmes. Cela peut-être très déstabilisant d’avoir une vraie conversation avec soi-même, car il se peut que l’on s’entende dire ses quatre vérités !



Pour autant, si par la prière, nous ne découvrions au fond de nous que nous-mêmes, prier serait un enfermement. Mais prier c’est aussi se mettre en relation avec quelqu’un d’autre que soi : Dieu. Car Il est vivant en nous ! C’est pourquoi il semble difficile de prier Dieu sans être tout d’abord présent à ce que je suis, à ce que je vis. Cette prise de conscience de l’importance de se mettre d’abord à l’écoute de soi-même n’est pas un chemin d’égoïsme. Loin de là ! En étant le plus proche possible de soi – et Dieu sait si c’est difficile – l’on s’approche mystérieusement de la présence de Dieu en nous.

Dans la prière, l’écoute est donc première. L’écoute de soi d’abord. Il est inutile de vouloir par exemple faire taire nos pensées après quelques secondes de silence. Au contraire, en laissant librement monter en nous nos soucis, nos joies et nos espérances, nous ferons parler notre cœur et nous pourrons vraiment prier avec tout ce qui constitue notre quotidien. Ensuite seulement adviendront un silence intérieur et une paix plus profonde. Nous serons alors en situation d’écoute du Seigneur qui vit et demeure au centre de notre être. La contemplation d’une image, d’un vitrail, d’un paysage pourront alors nourrir ce « face à face » avec le Seigneur.

Oui, je crois que nous sommes le premier matériau de notre prière, avant même d’avoir prononcé la moindre parole intérieure. En voulant prier, nous prions déjà, parce que c’est notre désir personnel qui est saisi par Dieu. Et râbacher des paroles n’ajoute rien à l’efficacité de la prière (Mt 6, 7). Cette efficacité ne se trouve pas dans nos paroles, mais dans dans notre soif de nous trouver en Sa Présence. En prenant quelques secondes pour Lui chaque jour, même si nous ne ressentons rien de spécial, nous nous apprivoiserons. Il faut du temps : le temps d’une vie.

Edito du no 2 de "Lignes de foi", le journal des paroisses du secteur de Bagnes
Pascal Tornay

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