Aimer - connaître

Aimer - connaître
Photo de Guy Leroy

Paroisses - communes : quiproquo !

Pour répondre systématiquement à cette question, il faut aller pas à pas … Le secteur paroissial de Bagnes compte trois paroisses : Bagnes, Verbier et Vollèges (et non pas deux – Bagnes-Vollèges – comme l’on entend souvent). La paroisse n’est pas la commune : ce sont des institutions distinctes en tous points avec leurs structures, responsables et ingénieries propres. Chaque paroisse est juridiquement autonome. Au début des années 1990, le cardinal Henri Schwery entamait des démarches pour que les responsables pastoraux d'une même région travaillent de concert. L’évêque leur demanda de porter ensemble le souci pastoral pour rendre les communautés paroissiales moins closes sur elles-mêmes et ainsi avoir une vision plus large. Cette concertation inter-paroissiale a donné lieu à la création de secteurs à la tête desquels répondent en général des équipes pastorales composées des personnes - prêtres, diacres et laïcs - engagées et mandatées par l’évêque.

En raison d’une grande proximité Eglise-Etat au cours des siècles passés et des bonnes relations qui régissait - et régissent encore le plus souvent - les rapports des tenants des pouvoirs ecclésiastique et civil, il était fréquemment convenu, autrefois, que le patrimoine, la gestion et l’administration des paroisses serait confiées aux communes pour simplifier la tâche des curés. A l’heure actuelle, on constate un peu partout la tendance inverse : l’ère du désenchevêtrement a sonné. Sur le papier, les choses sont claires, mais en réalité le flou règne encore par endroit. Des processus d’aggiornamento sont donc en cours pour clarifier l’identité des paroisses, leur patrimoine propre ainsi que les modalités comptables et administratives qui président aux relations avec les communes. A l’heure, où la société devient plurielle – tous ne partagent pas, et de loin, la foi chrétienne – il est de bon ton de remettre de l’ordre dans les affaires ecclésiastiques, dans l’idée que les bons comptes font les bons amis...

Un exemple : le fait que, souvent, les communes paient les agents pastoraux (AP) – prêtres, diacres et laïcs – marque la confusion dans les esprits. En effet, les AP ne sont pas des employés communaux, malgré le fait que leurs salaires transitent par les communes. En effet, il s’agit là d’une simple - et par ailleurs précieux - service administratif rendu par les communes aux paroisses n’ayant le plus souvent pas les gestionnaires nécessaires à l’accomplissement de ces tâches. Le personnel pastoral est donc sous contrat de travail avec les seules paroisses et sont soumis, pastoralement et administrativement, au curé en place ainsi qu’à l’évêque. 

Ainsi soit-il...

Pascal Tornay

Action en Carême - Croire, c'est agir !

S’il y avait un temps privilégié pour agir et démontrer – si cela devait encore l’être –  que croire revient à pratiquer : c’est bien le temps du carême !

Croire, c’est agir a dit saint Jacques dans sa Lettre :
« A quoi cela sert-il, mes frères, que quelqu'un dise : "J'ai la foi", s'il n'a pas les œuvres ? La foi peut-elle le sauver ? Si un frère ou une sœur sont nus, s'ils manquent de leur nourriture quotidienne, et que l'un d'entre vous leur dise : "Allez en paix, chauffez-vous, rassasiez-vous", sans leur donner ce qui est nécessaire à leur corps, à quoi cela sert-il ? Ainsi en est-il de la foi : si elle n'a pas les œuvres, elle est tout à fait morte. » (Jc 2, 14-17).
Notre grand problème
C’est que l’Eglise a eu tendance à réduire l’agir au seul fait d’assister à la messe ou de prier… Alors comment sortir de là, si j’ose dire ! Je crois (sous-entendu : je sais, comme vous, évidemment, mais qu’on se le redise…) qu’il faut lui ajouter une inconnue – encore trop méconnue – la charité fraternelle, c’est à dire l’amour-don-de-soi ! Elle est à exercer à la mesure de l’amour de Dieu pour l’Homme : c’est-à-dire sans mesure ! De quel amour parle-t-on ? Mère Teresa disait : « Si quelqu’un te dis 'je t’aime', mais qu’il ne te le manifeste pas par des gestes concrets, alors son soi-disant amour ne vaut pas un clou. » 
 
« Moins pour nous. Assez pour tous. »  En vivant ce slogan concrètement et en l’incarnant par un soutien aux projets d’Action de Carême et Pain pour le prochain, chacun peut devenir croyant et pratiquant !
Pour beaucoup, il serait donc question de croire en quelque chose, une force supérieure, mais surtout de ne rien faire ? Folie ! Non, je vois plutôt, cachée derrière cette phase, une autre phrase plus cohérente qui est bien dans l’air du temps : Dieu, oui. L’Eglise, non. Un sage répliquait à des personnes qui disaient croire mais ne pas pratiquer : « Vous êtes probablement moins croyant que vous ne pensez, mais certainement plus pratiquant que vous ne le dites ! » Par cette phrase un peu ironique, le sage exprime combien il est facile d’exprimer une foi qui n’engage à rien…

1.    Nous sommes probablement moins croyants que nous ne le pensons…
C’est-à-dire que nous discernons, nous, chrétiens que nous avons la foi, parce que nous répondons à une série de critères comme se rendre à l’église, prier, etc. Tout cela est bon, mais insuffisant. Et les redoutables questions restent posées : Quelle vision ai-je de Dieu ? Comment est-ce que je m’adresse à lui ? Au temps d’épreuve, respectivement de joie, quelle place est-ce que je lui laisse prendre dans ma vie ? Au moment de prendre une décision, quel rôle est-ce que je lui laisse prendre ? Est-ce que je préfère lui dire, comme Samuel : «Parle Seigneur, ton serviteur écoute» ou bien comme le païen : «Ecoute Seigneur, ton serviteur parle».

http://aimeretmourir.unblog.fr
2. …mais certainement plus pratiquant que nous ne le disons ! » Comme tant de chrétiens, les personnes qui se disent croyantes, mais non pratiquantes, réduisent le plus souvent la pratique au fait de se rendre à l’église pour la messe dominicale. Or, pratiquer seulement par le culte revient à tomber dans le piège où se sont mis les pharisiens : c’est-à-dire dans une pratique aveugle, insensée et déconnectée de la vie à mener dans la charité sans condition.
Oui, la foi doit respirer l’action et vice-versa. C’est là qu’est nichée la fécondité spirituelle. La foi vécue, est, en effet, est un acte en soi qui révèle souvent sa plus grande mesure au cœur des épreuves. En effet, rien de plus facile de croire qu’on croit lorsque tout va bien. C’est alors qu’on ne convainc ni soi-même, ni personne !

(P)rions enfin…
Voici une dernière boutade que j’apprécie beaucoup pour signifier l’absurdité de proclamer son appartenance religieuse sans que celle-ci n’ait absolument aucun impact sur personne. On raconte que, lors d'un grand repas au Vatican, une dame installée à côté du pape Jean XXIII bien connu pour sa bonhommie, lui aurait dit :
– Saint Père, vous savez, je suis catholique, mais pas pratiquante.
– Ah, fit le bon pape, c'est comme moi : je suis nudiste mais pas pratiquant…

Bref, vive le Carême qui nous invite à l’action : c’est l’Action de Carême. CQFD

Pascal Tornay

Fi !


Source : http://www.williedeutsch.com


Fi aux Noëls rosâtres et doucereux
Noël, c’est un enfant
illégitime aux yeux des forts.
C’est un Fils divin
le sauveur des cœurs humbles.

Fi aux Noëls des pères-noëls glamour
Noël, c’est une famille
donnée en témoignage au monde.
C’est un peuple en route
uni par l’Esprit d’un Père.

Fi aux Noëls sans racine ni horizon
Noël, c’est un voyage
loin des sécurités modernes.
C’est une aventure
au cœur du mystère de la vie.

Fi aux Noëls sur catalogue
Noël, c’est l’accomplissement
d’une promesse divine et éternelle.
C’est l’avènement
du Salut et la Paix au cœur de l’humanité.

Fi aux Noëls des croyances insensées
Noël, c’est la foi de Marie et de Joseph
Noël, c’est le visage du Dieu fragile
Noël, c’est la naissance de l’Homme sauvé.

Pascal Tornay
(c) 2014

Philae, je t'aime !


Pour aller chronologiquement, Philae c’est d’abord une île située en Haute-Egypte sur le Nil et submergée dans les années 1970. Jusqu'en 1974, elle contenait les ruines des temples et d'une ville antique égyptienne.

Aujourd’hui, Philae, c’est surtout la coqueluche des astrophysiciens… Philae est le nom d’un atterrisseur de l'Agence spatiale européenne transporté à quelque 510 millions de km de la Terre par la sonde spatiale Rosetta jusqu'à ce qu'il se pose sur la comète dite Tchoury le 12 novembre 2014, plus de dix ans après avoir quitté notre Terre. Il s'agit du premier atterrissage contrôlé sur un tel astre. Ses instruments ont envoyé les premières images jamais obtenues depuis la surface d'une comète et devraient permettre de faire la première analyse in situ de la composition de son noyau.

Appeler un robot Philae – « qui aime » – : a-t-on idée ? Bizarre, oui ! Sauf que pour les astronomes et les physiciens de l’espace cette histoire est une véritable histoire d’amour. D’ailleurs certains d’entre eux ont pleuré de joie à l’occasion de cet événement unique. Emerveillement de l’Homme aux prises avec un univers infini dont la nouveauté est si incroyable, l’agencement si fin et la cohérence si parfaite qu’ils n’ont de cesse d’étonner nos yeux, nos intelligences et nos cœurs !

L’aventure scientifique – tout comme l’aventure spirituelle – est une aventure humaine qui se conjuguent avec le signe + : un Plus pour les scientifiques, une Croix pour les chrétiens ! Cela dépend de la perspective… Aujourd’hui, la communauté des croyants et celle des scientifiques ont compris qu’ils peuvent regarder ensemble par les deux lorgnettes d’une même jumelle tout aussi passionnément les uns que les autres ! N’y voit-on pas plus clair ainsi ? Mais combien de sang de fils d’hommes n’a-t-il pas fallu verser pour y parvenir ?

Parvenu ? Pas encore totalement si l’on en croit encore les purs et durs de chaque bord qui n’ont pas encore aperçu que la vérité ne se laisse pas voir d’un seul tenant.

Côté ecclésial, on a saisit que le message de la Bible n’est pas un ouvrage journalistique ou historique. On a enfin compris que, prise au pied de la lettre dans son ensemble, elle n’est qu’un tissu d’incohérences et que le message profond et vivifiant est à recueillir sans cesse à travers le texte dans un cœur à cœur avec le Dieu d’amour qui cherche l'Homme. On a constaté concrètement qu’ouvrir sa lecture à d’autres perspectives, notamment historico-critique, est source d’une foi plus réaliste, plus libre, plus puissante !

Côté scientifique, on a saisit que la réalité n’est pas seulement la réalité visible et qu’elle ne se limite pas à un agencement – fut-il extraordinaire – de protons, de neutrons et d’électrons. On a constaté que la science ne donnait pas à voir une totalité, mais qu’elle était, elle aussi, un angle de vue sur une réalité complexe et multiforme. On a réalisé avec modestie que l’Homme et la nature ne se limitent pas à un corpus de cellules, mais on convient plus ou moins qu’il doit exister une force supérieure, une main invisible qui ordonne ceci et le rend… vivant !


Source : www.legorafi.fr
Toutes les tentatives de faire d’une perspective une totalité a mené les hommes à devenir des tyrans sanguinaires pour leurs semblables. Notre compréhension des réalités passées, présentes et à venir restera toujours un balbutiement au regard de l’Infini qui s’offre sans cesse à nous. Loin d’être une nouvelle jérémiade, ce que je viens de dire est bien plutôt un cri d’amour et d’émerveillement. Devant un paysage ahurissant de beauté, on ne s’écrie pas : « Bon sang, je n’y comprends rien ! » Mais on se laisse simplement pénétrer par l’instant merveilleux !

Oui, effet, qu’il est bon de se replacer face à cet Infini…
comme devant cet univers infini qui nous donne le vertige,
comme devant la merveille de la vie qui a jaillit un jour on ne sait comment,
comme devant des scientifiques… qui pleurent. Merci Philae !

Je trouve que Philae nous montre à quel point nous sommes petits. Ni les croyants, ni les savants ne peuvent s’enorgueillir de posséder la vérité ! Rien ni personne ne pourra jamais la posséder et c'est une source de joie ! La vérité – merveille pure – se contemple par une myriade de facettes toujours à partager, à réconcilier. Ce que l’on croit posséder, nous échappe toujours ! Oui, Seigneur, ce que Tu as caché aux ecclésiastiques et aux scientifiques, Tu l’as révélé aux tout-petits…

Je t’aime, Philae !

Pascal Tornay

Des actes SVP !


Le P. Raniero Cantalamessa, préchant.
N’est-il pas un peu surprenant, alors que je parle, de dire qu’il s’agit plutôt de faire ! Alors que, justement, ce faisant, je ne fais rien… que dire. D’autant plus que l’on entend souvent dans nos groupes d’Eglise qu’il s’agirait d’ « être » plutôt que de « faire ». Être, dire ou faire : telle est la question. En outre, notez bien que, parfois, « ne pas dire » ou « ne pas faire », c’est justement ce qu’il faut faire ! Dans l’Evangile, Jésus ne cesse d’exhorter ses amis à mettre en pratique les exigences de l’amour. De même, dans la parabole de « L’homme qui avait deux fils » (Mt 21, 28-32), Jésus montre que, finalement, c’est l’acte qui compte. Pour autant, n’allons pas trop vite mépriser la parole. Vous savez bien qu’elle revêt une importance cruciale pour la croissance de la vie humaine. Estimer que l’on puisse s’en passer pour n’être qu’action est pure illusion…

En effet, ne faut-il pas pouvoir (et savoir) s’exprimer pour se connaître et se comprendre ? Parler, n’est-ce pas déjà un agir ? « Ah, si mon mari pouvait parler ! », entend-on souvent dans la bouche de femmes dont le mariage s’est agrippé aux années et qui sont découragées par ce mutisme si souvent masculin. Oui vraiment, la parole peut être un acte réellement créatif et régénérant, concrètement libérant et vivifiant si elle vient d’un cœur qui sait écouter et se donner. La Parole vivante du Seigneur Dieu l’est aussi à combien plus forte raison, puisqu’« elle fait aussitôt ce qu’elle dit ». On le voit dès les commencements, Dieu crée par sa Parole. « Dieu dit : ‘Que la lumière soit’ et la lumière fut. » (Gn 1, 3). A l’image de celle de Dieu, nos paroles ne sont donc pas toujours vaines, puisque elles ont le pouvoir de mettre en mouvement, de consoler, d’encourager, de redresser.


Patrice Emery Lumumba, ancien chef de l’Etat congolais, avertissant.
En rester à la parole, là est le piège… Vous qui êtes des mamans, vous savez bien qu’il faut joindre le geste à la parole ! Ne sont-ce pas les termes utilisée pour définit le mot « sacrement » ? A un petit tombé par terre en jouant, il ne faut pas moins un signe qui s’approche d’un sacrement pour le calmer ! Vous lui dites : « Viens dans mes bras mon petit chéri. Oublie tout cela maintenant ! » et dans le même temps, vous l’inondez de caresses et de baisers. Le voilà le sacrement de l’amour ! Le voilà l’acte pur ! La voilà la parole créatrice ! Voici l’avènement du Christ. Le geste incroyable du lavement des pieds prend ainsi de multiples formes à travers les mille situations du quotidien. Non, le Royaume n’est pas loin. Il est tout proche de celles et ceux qui savent d’abord se mettre à l’écoute et prêchent ensuite. Il est tout proche de ceux qui aiment en actes et en vérité, aujourd’hui, petitement, ici et là.
Pascal Tornay

Corruption : c’est dans mon cœur que ça commence !

Tout commence souvent par une définition et, comme dans bien des domaines, chacun la conçoit un peu trop comme ça l’arrange ! Pour le coup, Coluche racontait qu’un des ministres français – dont il aimait tant se ficher – avait été arrêté pour corruption de fonctionnaire. En effet, il avait offert un morceau de sucre à un chien policier…

Trêve de plaisanterie ! Qu’est-ce donc que « corrompre » ? L’étymologie du mot nous ramène à un vocabulaire lié à une cassure, une rupture. La corruption renverrait donc à une relation pervertie, instrumentalisée à des fins malhonnêtes et égoïstes. Engendrée de concert par des personnes qui s’accordent secrètement pour atteindre des buts frauduleux, la corruption détourne le lien social de ses finalités que sont la gratuité, l’amour, la justice, la vérité. Cette anti-culture est évidemment très en vogue dans les milieux économiques (commerce et argent) et politiques (droit et pouvoir) puisque c’est là que se nouent les grands enjeux de société. Pourtant, ses ravages commencent concrètement bien en amont : aux entournures de l’être et au cœur même du quotidien de chacun.

http://www.transparency.ch/fr/
Sur le plan politique, « de nos jours, la corruption est un sujet qui est ouvertement évoqué dans la plupart des pays, et rares sont ceux qui prétendent ne pas en souffrir. C’est là une bonne chose, car les hommes politiques, les représentants patronaux et syndicaux, les journalistes et la société civile ont ainsi, exceptionnellement, l’occasion de s’exprimer d’une seule voix pour dire que l’éradication de ce fléau revêt un caractère d’urgence », déclare Enery Quiñones, chef de l'Unité anti-corruption de l’OCDE[1]. Selon Transparency International (TI)[2], « la corruption consiste en l’abus d'un pouvoir reçu en délégation à des fins privées »[3]. Cette définition permet d'isoler trois éléments constitutifs de la corruption :

- l’abus de pouvoir ;
- à des fins privées (donc ne profitant pas nécessairement à la personne abusant du pouvoir, mais incluant aussi bien les membres de sa proche famille ou ses amis) ;
- un pouvoir que l’on a reçu en délégation (qui peut donc émaner du secteur privé comme du secteur public).
Bref, la corruption enferme les personnes dans leur logique égoïste et ronge les sociétés dans lesquelles elle prend racine. Elle engendre entre autres :

- des inégalités sociales et creuse un fort sentiment d’injustice chez celles et ceux qui la subissent ;
- des relations humaines asymétriques entre les différents acteurs sociaux et des torsions dans la transparence des processus économiques et politiques ;
- des sociétés où règne la loi du plus fort ;
- des manques à gagner parfois gigantesques pour les caisses des Etats ;
- la méfiance et le désespoir des plus démunis qui n’ont pas de moyens de se défendre.

La Banque mondiale estime que plus de 1'000 milliards de dollars sont payés chaque année de manière indue. Au plan suisse, il est évident que la corruption n’est pas absente, mais elle revêt des formes souvent subtiles et est difficile à chiffrer. Pourtant, la presse fait régulièrement état de scandales au niveau des adjudications sur les marchés publics. Ne parlons pas de « l’affaire Giroud » qui secoue actuellement le Valais. Ou encore l’ampleur des fraudes fiscales – marché organisé et véritable mafia – que la Justice découvre en particulier ces derniers temps. 

Sur le plan biblique, la corruption est aussi un fait connu. Inutile d’aller plus loin que le livre de la Genèse pour s’apercevoir que, dès l’origine, l’homme a été corrompu et corrompt à son tour. Dans le livre de Ben Sirac le sage (Siracide ou Ecclésiastique 35, 9-13), on met même en garde les fidèles contre le fait de marchander avec Dieu. N’a-t-on pas tous un jour été tenté de marchander avec le Seigneur : « Si tu me donnes ceci, alors je t’accorderai cela ! » Le marchandage, dans ce cas, est un tue-l’amour.

Pour la Bible, le grand corrupteur c’est Satan. Il s’est attaqué au Christ et à sa mission dès après son baptême, dans le désert. Jésus s’est défendu en s’appuyant sur la Parole de Dieu, dans les Ecritures. Toujours et encore dans l’histoire du monde, Satan ne cesse de tenter l’homme pour le dérouter et le faire chuter en lui faisant croire que le mal, c’est le bien ! La meilleure lutte anti-corruption est encore de s’attacher personnellement au Christ. Lui qui est Vérité, nous rendra libre !

Non, Dieu ne veut pas la corruption. Jésus enjoint ses amis à la fuir comme le péché, puisqu’à terme, elle entraîne la mort. Pourtant, personne n’est épargné et partout les tentations sont grandes d’utiliser à son profit ce qui était destiné à d’autres ou à tous. A nous, disciples du Christ, il est demandé d’avoir un peu de courage. Non seulement de résister à la corruption, mais aussi de la dénoncer pour que soit faite la volonté de Dieu de faire droit au faible et au pauvre. Les causes profondes de la corruption ne sont pas tant à chercher ailleurs, qu’au fond de nous-mêmes. Charité bien ordonnée commence, dit-on, par soi-même. CQFD.

PS : Une campagne de lutte contre la corruption appelée « Exposed 2014 » lancée par les mouvements protestants et évangéliques suisses a pris fin en juillet dernier et avait pour but de récolter un million de signatures et d’adresser cette pétition internationale aux dirigeants du G20. Cf. www.exposed2014.ch

Pascal Tornay




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[1] Tiré de http://www.observateurocde.org/news/archivestory.php/

[2] Transparency International (TI) est une ONGI d'origine allemande ayant pour principale vocation la lutte contre la corruption des gouvernements et institutions gouvernementales mondiaux.

[3] Tiré d’un rapport de Transparency International, Cf. wikipedia sous l’item « corruption »

Ouverture d'esprit : nouvelle mode ?

Avoir de l’ouverture d’esprit : voilà qui est bien à la mode ! Chacun pourtant pressent que, à juste titre, c’est dans l’ouverture qu’est la réponse la plus radicale aux aspirations fondamentales des êtres humains. Mais quelle est donc cette ouverture capable de nous dévoiler des univers nouveaux ? En fait, à aller gratter un peu plus loin, chacun s’aperçoit assez vite que cette ouverture peut être à la fois une impasse complète et un défi énorme suivant les visions de la situation : 1. Une impasse complète si, par ouverture, je comprends que je puis agir sans discernement, selon mon bon vouloir, et dans la seule écoute de moi-même. Mais qui parle en moi : moi (c’est-à-dire mon identité de fils bien-aimé) ou mes aspirations superficielles ? 2. Un défi énorme si, par ouverture, je comprends que je ne suis rien par moi-même ; que je ne possède rien que je n’aie reçu et que je dois tout, finalement, à cet Autre et à tous ces autres par qui je puis devenir sans cesse ce que je suis !

Quelques pensées à améliorer et à diversifier

Arrogance des autorités brésiliennes dans le cadre de la Coupe du monde de foot : « Le scandale est le salaire de l’arrogance. »

La longue attente de la nomination d’un évêque à Sion : « On sait ce qu’on perd ; rarement ce qu’on gagne ! »

Le vote du 9 février : « Le repli identitaire est le masque sous lequel s'avance l’extrémisme. »

Traitement par les médias de la libération des otages en Ukraine : « Il y a plus de joie pour un seul qui retrouve la liberté que pour mille qui errent déjà librement mais sans but. »

Christophe Blocher se retire de la politique : « C’est caché au-dessus des marionnettes que se trame le vrai spectacle ! »

Démission d’Yvan Perrin : « En admettant publiquement ses limites, l’homme politique rehausse paradoxalement sa crédibilité ! »

Sortie de l’équipe d’Espagne : « Se tenir au sommet est un caillou dans le soulier. »

Violences dans le monde : « La violence n’a jamais engendré autre chose qu’elle-même. Elle est l’incarnation d’un totalitarisme absolu.»

Suisse – UE : « Chacun s’entraîne à mieux prononcer : Je veux et j’exige ! On risque de jouer les prolongations… »

Scandales bancaires : « On ne vole qu’aux riches. »

Marché des médicaments: « La philanthropie est aux dirigeants des entreprises pharmaceutiques, ce que l’emplâtre est à la jambe de bois. »

Au milieu des femmes

Au milieu des femmes

J’arrive de la gare en retard.
Il y avait un homme seul sur les voies ferrées.
J’ouvre la porte derrière le bar.
Des centaines de femmes sur les voies entre avenir et passé.

J’assume le regard.
Des dizaines d’yeux étonnés, éberlués.
J’avance lentement hagard.
Voici un homme sur la voie des femmes !

Je me tiens droit.
Et vois deux femmes s’approcher.
Je cherche discret et coua
Un espace libre où m’échapper.

J’écoute des cheveux aux chevilles :
Des voix de femmes m’arrivent de là-haut.
Alentours, elles sourient
Béatement, et moi le leur renvoie un peu minaud.

Un petit air d’exotisme :
Où mettre ce corps d’homme inattendu ?
Quel est cet univers incongru ?

Tant de femmes… Adrénaline.
Du piment me perce la poitrine.
Voici l’homme : vulnérable, enfin !