Aimer - connaître

Aimer - connaître
Photo de Guy Leroy

dimanche 13 décembre 2009

On a pas le choix ! Faut y aller !

C'est vrai ! Il y a derrière cette phrase une certaine abnégation, pour ne pas dire une résignation qui fleur bon le découragement. Si tant est qu'on y est pas déjà. Pour autant, l'expression a pignon sur rue ! On l'entend souvent au détour d'une conversation qui sent le point final. N'a-t-on vraiment pas le choix ? Je ne le crois pas, et si vous voulez savoir pourquoi, et surtout si vous avez cinq minutes à perdre gratuitement, cliquez plus bas!

P.S. : Un blog bien écrit, excellence : http://blog.vraiment.net : « ce qu’on croit, on le partage » J’aimerais bien savoir qui est derrière ce blog !

Voici un article connexe au mien sur la liberté dans la Bible. Cliquez ici >>>

On n’a choisi ni de naître, ni ses parents, ni l’apparence de son corps, ni même parfois la vie qui tourne comme on ne l’avait pas prévu ! Si l’on en reste à une définition de la liberté qui reste encore bien superficielle, très extérieure, cela peut être bien vrai. Certes, être libre, c’est d’abord et avant tout pouvoir discerner, trier, puis opter, choisir entre plusieurs alternatives qui s’offrent à nous.Et si la vie a fait ce choix pour nous ? Comment lorsque nous disons : « C’est comme ça, c’est la vie ! »

En tant qu’être humain, doué de raison et de conscience, doté d’une intériorité qui va pour certains (pour moi en tous cas) jusqu’à la culture d’une spiritualité (chrétienne), la conscience éclairée exerce sur nous un puissant appel à se laisser entraîner plus loin encore dans la liberté : la liberté intérieure que l’on exerce tous plus ou moins.

«Si c'est oui, dites «oui», si c'est non, dites «non», tout simplement ; ce que l'on dit en plus vient du Mauvais. »  Jésus Christ (Mt 5, 37 ).

"Que votre oui soit oui; c'est-à-dire d'abord qu'il soit sincère, qu'il soit l'expression vraie de vos sentiments et de vos résolutions."

Prenons un exemple. On dit souvent que l’on n’a pas le choix. N’est-ce pas pourtant une parole que l’on dit lorsque l’on s’est plus ou moins bien résigné à accepter telle ou telle situation ? N’a-t-on pas plutôt dans ce cas subi le réel ? Quelque chose a-t-il usurpé notre pleine capacité de choix et nous a fait esclave de nous-même ? Je le crois. Combien de personnes n’ont pas accepté leur corps ou une partie de celui-ci, leur famille, leur métier, leur femme ou leur mari, leur situation intellectuelle, leur position sociale, etc. Ces personnes n’ont pas pu, pas su exercer une liberté qui nous est pourtant laissée…

On le voit, au fond de soi, de chacun de nous, une liberté demande à être élargie, épanouie, par un exercice régulier difficile, mais ouvrant à la joie et au bonheur : se décider de choisir de choisir… C’est un degré moins bien connu de la liberté. Je m’explique. Dans le cas où, extérieurement, il semble que, apparemment, je n’aie pas d’alternatives possibles, j’ai tout de même à opérer un choix en moi-même, en
conscience, en d’autres termes en mon âme, c'est-à-dire le « lieu » où réside mon être profond (et pour les croyants, c’est le lieu où Dieu habite.)

« La liberté n’est pas une idée ou une théorie, c’est une expérience concrète de la puissance de la Vie en nous. »

Si par exemple, je n’aime pas la forme, la taille de mes jambes, il y a de fortes chances que je serais très malheureux, parce que je ne pourrais pas en changer. Pourtant, à l’intérieur de moi, réside la force de dire « oui » à ces jambes-là, de les accepter pleinement comme elles sont par un travail sur soi souvent long et difficile. (Pour les croyants, ce travail se fait en lien avec l’Esprit Saint, mais non seulement.) C’est ainsi que nous, êtres humains, nous pouvons, en dépit des apparences, faire des choix même dans les cas, où comme on dit : « On n’a pas le choix ! » En définitive, on a toujours le choix. Le choix de décider en notre âme et conscience d’accepter les choses telles qu’elles sont et de traverser les difficultés en étant, certes courageux, mais aussi inventif.

Une phrase connue dit ceci : « On tient beaucoup plus profondément à un être, une situation ou une chose que l’on a choisi. » C’est d’autant plus vrai dans le mariage, mais plus largement aussi. A tel ou tel propos, me suis-je vraiment dit : « oui » un jour ? Un oui intérieur qui soit en cohérence avec ce « oui » que j’ai dit par ma bouche. Allons regarder secrètement au fond de soi ! Si c’est l’incohérence qui jaillit soudain, il y a fort à croire que mon engagement soit branlant. En fait, dans de tels cas, il est probable que je n’ai jamais réellement choisi ! Le fait de croire profondément que nous n’avons pas le choix rend les êtres humains insatisfaits, malheureux et même déprimés.

« La liberté extérieure que nous atteindrons dépend du degré de liberté intérieure que nous aurons acquis. Si telle est la juste compréhension de la liberté, notre effort principal doit être consacré à accomplir un changement en nous-mêmes. » Mahatma Gandhi

Fondamentalement, nous sommes libres, mais la liberté est comme un muscle à entretenir. De nombreux témoignages de personnes emprisonnées se recoupent à ce sujet. Privées de leur liberté d’aller et venir où bon leur semble, ces personnes racontent comment elles ont creusé une liberté encore plus incroyable qu’auparavant en cherchant au fond d’eux-mêmes un espace d’infini sans cesse ouvert sur le monde qui existe à l’intérieur de nous et… pour les croyants sur l’immensité, la tendresse et la force du Seigneur Dieu.

Pascal Tornay

Aucun commentaire:

Publier un commentaire