Aimer - connaître

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Photo de Guy Leroy

mardi 21 décembre 2010

Femmes, je vous aime !

Tableau de Claire Bracq, toile 55x46
visitez son site
Cette exclamation du chanteur français bien connu Julien Clerc manifeste l’émerveillement et la tendresse des hommes à l’égard des femmes. C’est une « ode à la joie » d’un être qui laisse son cœur s’épancher à propos
de celles qui tout à la fois sont pétries de la même chair et pourtant tellement autre… Cette « petite différence » – si j’ose dire – est dans le plan de Dieu depuis la Création, parce qu’elle est source de fécondité au sens le plus large du terme. Nous ne croissons pas sans le regard, la présence bienveillante de l’autre.

Dès le départ, Satan s’y est mis aussi. Il est parvenu à pervertir le regard de l’un sur l’autre. On passe en quelques lignes de la merveilleuse nudité originelle à la honte crasseuse ! Ce regard pervers (qui, au sens étymologique, signifie « retourner sans dessus dessous ») donne le ton à cette relation homme-femme retournée, tordue… compliquée ! Voici la merveilleuse union dans la complémentarité, voulue par Dieu, transformée en une abominable et honteuse relation de pouvoir, de domination et de soupçon mutuel. Quelle tragédie !

samedi 4 décembre 2010

Plus que du chocolat et du fromage : Découvrir la Suisse...

Soirée Cinéma franco-suisse à Genevrières (Haute-Marne, France). La famille Tornay venue du canton du Valais (Suisse) a fait connaissance avec le village du même nom les 22 et 23 octobre 2004. Depuis lors des liens d’amitié unissent les habitants de Tornay avec la famille helvète.

A l’occasion de l’Avent et du 6ème anniversaire de la rencontre des Tornay à Tornay, Pascal Tornay, animateur pastoral, invite tous ceux qui le souhaitent à une soirée cinéma à la (re)découverte de son pays sous un angle nouveau. Cette rencontre fraternelle et gratuite s’intitule « Plus que du chocolat et du fromage : Découvrir la Suisse, sa croix et la vie du Christ »

samedi 27 novembre 2010

Les chrétiens, « néo-moralisateurs » de la société

Comment se situer en tant que chrétien face au constat sévère – à juste titre d’ailleurs – de nombreuses personnalités, tels que des sociologues, des théologiens ou des psychothérapeutes reconnus au sujet du désarroi actuel d’une large couche de la population européenne ? Comment se situer aujourd’hui par rapport à notre société dont les repères éclatent dans les abysses du « tout est relatif » ? Que dire de ces normes morales qui ont forgé la « civilisation » de nos aînés et qui aujourd’hui explosent à l’aune de l’hyper-autonomie des individus ? D’abord, je pense que l’autonomie individuelle est un progrès moral et social inouï dans l’histoire de l’humanité. Jamais, le lien « individu-société » n’a été aussi distendu qu’actuellement. Je pose que cette évolution est avant tout positive. On connaît assez bien les conséquences des carcans d’une société qui fait de ses sujets des « moulés sur mesure ». J’admets évidemment aussi que cette autonomie est extrêmement difficile à contenir, à « socialiser » ou – mieux dit encore – à intégrer sur le plan du « vivre-ensemble », du lien communautaire. C’est une liberté nouvelle qu’il nous faut utiliser. Je crois qu’il nous faut pour cela un tissu de valeurs communes, sociales et humanisantes. Mais comment les chrétiens doivent-ils s’y prendre pour les insuffler dans la
société où il vivent ?

dimanche 14 novembre 2010

Au jour de célébrer l’amour


Rembrandt Van Rijn,
Tempête sur le lac de Galilée (huile) 1633
Isabella Stewart Gardner
Museum of Boston (USA)
Si le bonheur se construit patiemment dans le sans-bruit du quotidien, avouons qu’il ne prend franchement le large qu’à partir de l’instant où chacun est disposé à larguer les amarres. Il y a de la joie et de la fierté à partager un moment avec des couples qui ont osé hisser la grand’ voile et qui ont mis le cap sur le soleil levant il y a de cela 10, 20, 25, 30, 40, 50 ans et plus même… Au jour de fêter un jubilé, il est bon de savoir jeter l’ancre et se mettre à quai, l’espace d’une journée, le temps de partager, avec tous ceux qui ont été des jalons dans l’histoire d’un amour, le bonheur qu’il y a de s’aimer dans le mariage chrétien et dans la mouvance de l’Esprit Saint. Qu’Il souffle dans vos voiles et vous donne l’audace des grands navigateurs qui ont été des découvreurs en dépit des courants contraires.

vendredi 5 novembre 2010

L’art contemporain, entre vilenie et idiotie

« L’art contemporain, c’est nul ! », tel est le cri qui s’est échappé de moi en visitant l’exposition « elles » du célèbre centre Pompidou à Paris durant l’été 2009. En effet, je savais l’appel du vide et les décalages abscons qu’appellent l’art contemporain (AC), mais j’ai été stupéfait – entre mille autres abs-conneries - par les « œuvres » de Gina Pane. Elle expose en effet « une semaine de son sang menstruel ». En bref, il s’agit de coton imbibé de sang menstruel qui est exposé aux yeux hagards du public dans de petites boîtes translucides. Une pour chaque jour de la semaine. Exquis ! Cette exposition est complétée par un verbiage explicatif emphatique, par un jargon pompeux et intellectualisant qui donnent à l’œuvre son grandiose et sa superbe. Comme pour parer à une œuvre pauvre, muette et surtout sans la moindre beauté intrinsèque !

mardi 2 novembre 2010

A Rosa Moulin et Agnès Abbet : Hommage aux grands-mères !

A l’occasion de la mort de Rosa Moulin (1921) et d’Agnès Abbet (1916) respectivement décédées à l’âge de 89 et 94 ans, je porte aujourd’hui mon admiration sur toutes les grands-mères, ne pouvant pas m'empêcher de penser aux miennes que j'aime tant.

Toutes ces grands-mères que j'ai côtoyées et que je fréquente toujours, ont été comme des cailloux blancs sur mon sentier de jeune fripon. J’ai aimé leur parler et les écouter. Chez elles, pas de verbiage, si peu de gestes. Ce sont plutôt leurs mains et leur visage qui m'ont si abondamment parlés. Les grands-mères du temps présent ont traversé, durant une vie de dur labeur, un siècle de fou ! Elles se sont adaptées à l’impossible. Avec une simplicité toute maternelle, elles baignent l’univers de leur sagesse calme pétrie de la terre. Car on ne peut pas, sans prendre de gros risques, aller plus vite que la terre ! Comme la terre, les grands-mères ont toujours le temps. Elle n’ont même plus que ça. C’est ce qui est si attirant chez elles. Elles se paie le luxe gratuit d’avoir le temps, enfin…

C’est pas trop tôt !

lundi 1 novembre 2010

Hommage à Georges Haldas, l'homme au regard si profond qu'il en devientspirituel... Paradoxe !

Georges Haldas, ce grand écrivain de la beauté de l'Homme s'est "allumé" dimanche 24 octobre passé à l’âge de 93 ans. Ayant traversé cet étonnant, bouleversant et si violent 20ème siècle, il est parvenu à la plénitude de l'état de poésie dans le Royaume de Dieu. Joie sur la terre à ceux qui ont foi en Dieu, comme lui avait foi en la beauté et la profondeur de l'Homme. Car en effet, comme l’affirmait Maurice Zundel, on ne peut pas pénétrer le mystère de Dieu sans entrer profondément dans le mystère de l'Homme. Georges Haldas fut plus que tant d’autres un « émerveillé de l’Etre ». Son travail d’écriture manifeste à chaque ligne qu’il a écrit ce qu’il a vécu et surtout vécu ce qu'il a écrit. Ce qui suffit à faire de lui un témoin privilégié et surtout crédible.

La stature d'un Georges Haldas, son génie, vient de ce qu'il a compris que, pour saisir l'Autre, il faut emprunter d'abord un chemin qui passe par le fond de soi. C'est ainsi qu'écrire au milieu des autres a pu l’y amener. « La poésie de la ville sur une terrasse de bistrot, quai du Seujet, dans les clameurs du stade des Charmilles, au sein de la ferveur des meetings de Léon Nicole, sous un arbre laissé seul dans un terrain vague, au fond d’un verre de blanc embué par la fraîcheur. La poésie est partout. Mais partout, elle se cache, sans se dérober. Il suffit d’un regard pour la débusquer. » (1) C’est ce regard traduit par l’écriture en intimité de soi qui l'a emmené jusqu'à la profondeur du quotidien des autres êtres humains.

jeudi 28 octobre 2010

Que c’est dur de changer …

(c) http://www.yakinfo.com/
Oui, c’est dur de changer… Quels trésors de force et de courage cela demande ! Nous n’aimons pas changer, car nous avons l’impression de nous perdre. Et pourtant, tout change. Pire, tout passe ! C’est le propre de la vie d’être sans cesse créatrice. Nous soustraire à cette puissance, c’est nous mettre en danger, en marge de son souffle raffermissant et re-créateur. C’est même mourir à petit feu ! En passant lentement vers l’hiver à travers ce mois d’octobre où l’Eglise nous propose de nous tourner vers la Vierge Marie, à l’époque où l’horaire d’été prend fin, nous sommes invités à lâcher ce qui a été, pour nous tourner vers ce qui est réalité aujourd’hui. Lâcher sans nostalgie aucune ce qui est derrière pour faire du neuf avec ce qui est là et ceux qui sont là : voilà une exigence permanente et radicale de Jésus envers ses amis. « Laissez les morts enterrer leurs morts » (Lc 9, 59) : voilà une Parole un peu raide ! Pourtant, en le disant, Jésus exhorte à se laisser entraîner par une dynamique de vie… Un peu déroutant, un peu rude, un peu sec, oui ! Mais tel est le défi de l’homme qui veut vivre au vent de Dieu. Lâcher ce qui a été pour s’ouvrir au vent du neuf.

Le passage est étroit et vertigineux,
mais ensuite quelle liberté !
 
Pascal Tornay

vendredi 22 octobre 2010

Commentaire biblique - 30e dimanche du TO (année C)

Avertis que nous sommes,
plus possible désormais de tomber
dans le panneau !
http://lepetitecolo.free.fr
Aujourd’hui, les Ecritures orientent notre regard sur le fait que le Seigneur est touché au cœur par une prière sincère. L’Evangile vient agacer notre vision du pauvre. Le pauvre est-il celui qu’on croit ? A mon sens, le plus pauvre de ce passage est ce pharisien se gargarisant devant son Dieu ! Sa prière est tellement hypocrite, qu’elle tombe dans le ridicule. Il n’en reste pas moins que c’est lui, l’hypocrite, qui est le plus en danger : son cœur est faux. Il n’entend plus que lui. Voici une pauvreté travestie sous un couvert de certitude bétonnée et de vérité comme un tombeau neuf.


Cet indéracinable orgueil mène à la tristesse et à l’isolement. Il se présente souvent aujourd’hui comme une volonté de souveraineté individuelle arrogante, isolante et destructrice. Je crois que c’est la plus grande pauvreté : cette monarchie du Soi de droit divin ! Alors comment en sortir ? Jésus propose, à qui veut entendre, un chemin difficile. D’abord, lâcher nos pseudos-mérites (ils ne servent à rien : l’essentiel se reçoit gratuitement !), ensuite abandonner nos prétentions de petits rois et cesser de regarder nos fautes (elle sont toujours devant nous), puis enfin – et surtout – accepter de nous laisser aimer et guider par Dieu. L’Amour et la Justice, c’est LUI ! Laissons-nous éduquer par sa tendresse renversante, nous n’en serons que plus libre ! Qui sommes-nous donc pour prétendre savoir ce que aimer et ce qu’être juste veut dire ? Cela aussi nous avons à le recevoir du fond de nous. C’est là qu’Il demeure et de là qu’Il parle…

Commentaire biblique pour la feuille dominicale de l'UP Neuchâtel-Est >>>

Pascal Tornay

samedi 16 octobre 2010

Jeunes vollégeards... des années 60 !

Après quelques mois de "silence-photo", j'ai le plaisir de publier ces 14 clichés datant de 1959 à 1966. Ces clichés ont été scannés à partir des archives personnelles de Paul Simon-Vermot,vicaire de Vollèges à cette époque (1956-1966). Il s'agit principalement de photos illustrant des sorties avec les jeunes vollégeards de l'époque. A vos mémoires, à vos souvenirs...

Ici, les enfants de Vollèges en sortie au Col du Lein le 19 août 1959.


Jour des Rogations avec le curé Joseph Farquet et le vicaire Paul Simon-Vermot.
On reconnaît entre autres François, Ami et Pascal Moulin.


Sortie à Haute Nendaz en 1960.


Le vicaire Paul Simon-Vermot célèbre la messe avec les enfants
au Clou près de Vens en 1960.



Course d'école avec les enfants de l'école primaire de Vollèges
à Haute-Nendaz le 28 mai 1960.


Evidemment, avantde pouvoir profiter de la promenade, il fallait tout de même y aller, à l'école...
Ici à Vollèges en classe, ça bosse. Nous sommes le 24 février 1962.


Le traditionnel théâtre au Casino. En 1963, on jouait "la Batelière".


La fameuse 2-chevaux du vicaire... Beaucoup en ont profité !
La loi a bien changé... Aujourd'hui, il faut accrocher sa ceinture !



Ici, nous sommes en sortie - encore. C'était le 13 juin 1964...


Au théâtre le dimanche des Rameaux, le 11 avril 1965.


Quelqu'un se rappelle-t-il où, quand ?


Voilà une tablée d'amis... Dominique Paccolat, Colette Moulin, vous vous rappelez ?


Enfin, les Ames Vaillantes de Vollèges en 1960...



Vous avez des photos ?
Vous voulez en faire profiter nos co-villageois ?
Vous avez des précisions à donner ?
Appelez 078 709 07 41 !

samedi 18 septembre 2010

L'Amoureux éperdu...

(c) http://mel-mel57.skyrock.com
Les risques de l'amour... Faut-il n'en plus jamais prendre parce que l'on a pu être même terriblement déçu ? Que nenni, l'on perdrait alors et l'amour et l'espérance... Et d'entre les deux, il en est un qu'il ne faut jamais égarer sous peine de mort ! Mourir d'amour, c'est possible, mais pas encore assez grave pour perdre coeur à jamais... Voilà mon espérance : elle est plus la plus forte, car elle dépasse le seul coeur humain.

Ce texte poétique est tiré et adapté du texte de Michel Berger qu'il écrivit pour la chanson "La groupie du pianiste". La Groupie du pianiste est une chanson écrite, composée et interprétée par Michel Berger pour l'album "Beauséjour" paru en 1980. Il s'agit de son premier grand tube. Le texte originel parle d'une groupie qui s'est éprise de son pianiste. Celui-ci, imbu de lui-même et aveuglé, est présenté comment absolument indifférent aux sentiments amoureux de sa partenaire de scène. Pour sa part, l'admiration et le fol espoir de notre groupie la porte à aller jusqu'à hypothéquer son existence, dans l'idée qu'un jour peut-être, il puisse être mu par de pareils élans... Mais, aussi belles que soient les causes et les combats de l'amour, les engagements authentiques et durables ne sont pas des entreprises philanthropiques ! On ne peut décidément aimer qu'en passant par soi et cela n'a rien d'égoïste. Je prêche pour ma paroisse.

vendredi 10 septembre 2010

Saint Sébastien

Mais oui, il m'est arrivé de jouer dans des courts métrages... Production maison, amitiés et rires garantis.Ce clip sur Saint Sébastien a été réalisé en hommage à notre ami Sébastien, garde suisse pontifical qui est décédé accidentellement lors de sa permission. Nous gardons de lui un souvenir lumineux ! Dans cette scène, je tente de jouer l'empereur...




Pascal Tornay

jeudi 2 septembre 2010

Comment savoir au service de qui sont les autorités d'un Etat ?

Cérémonie de commémoration
du 60ème anniversaire du régime nord-coréen
( 1948-2008 )
"La première poule a chanté", dit le dicton. On ne le dit pas pour des prunes! En effet, rien de tel pour montrer au monde la profondeur démocratique d'un Etat que de placer justement le mot "démocratique" ou "populaire" dans sa dénomination officielle. Pour moi, les champions toutes catégories du miroir aux alouettes, ce sont les autorités nord-coréennes. Surtout si l'on en croit l'appellation officielle de la République démocratique populaire de Corée ou plus simplement "Corée du Nord"

Ce seul critère, si plein de malice soit-il, ne suffit pas à la critique en bonne et due forme. Il faut s'étendre un peu. Voici donc...

Il existe une multitude d’indices croisés pour connaître les niveaux de développement des Etats, de leur population, de leur économie. Cependant, pour répondre brièvement à notre question de départ, je vais essayer de croiser deux indicateurs : le taux des dépenses militaires globales et le taux des dépenses éducatives.

Au service de qui ?
J’observe d’abord les dépenses militaires globales des gouvernements en % par rapport au PIB. Comme tout indice, il n’est pas un absolu, mais décèle une tendance . Il montre à quel niveau le gouvernement est soucieux de maintenir son pouvoir souverain au niveau national et international. Il montre aussi le visage d’une autorité plus ou moins au service de son propre pouvoir, de son maintien, de sa consolidation voire du développement de sa force de contrôle.

Défense de la souveraineté : mécanismes individuels vs. stratégies collectives
Je trouve intéressant de mettre en parallèle d’un côté sur le plan collectif le contexte géopolitique et les dépenses militaires dans cecontexte et de l’autre, sur le plan individuel, le contexte psychologique d’un individu et ses mécanismes de défense. Chaque approche à son niveau apporte des réponses tout à fait pertinentes sur les matrices inconscientes, sur les peurs, sur leur vision du monde, sur la manière dont les gouvernements dépensent l’argent public et sur les enjeux psychologiques qui déterminent leurs stratégies.

Trouver ce qui détermine l’action – Peur (- paranoïa) ou confiance (- naïveté) ?
Pour sa part, l’individu met en place des mécanismes d’abord simplement défensifs pour survivre. Si l’environnement l’y pousse ou – pire – s’il est gouverné (aveuglé pourrait-on dire aussi) par la peur. Il sera aveuglé par sa propre soif de puissance qui débouchera sur une paranoïa maladive face à un ennemi qu’il s’est le plus souvent créé de toute pièce. Alors l’individu sort de la réalité et va développer une pathologie de sur-défense. Ce mécanisme a son pendant sur le plan collectif. L’état mental d’un Hitler et le développement de sa politique globale peut constituer un exemple. C’est bien évidemment le cas dans les régimes dictatoriaux (aspects sectaires du mode de gouvernement), mais aussi de plusieurs gouvernements dans les pays en voie de développement soumis à de fortes pressions internationales sur le plan économique, et un peu différemment dans les pays où un embryon d’Etat à de la peine à prendre en main sa destinée ou encore dans les Etats situés dans des zones importantes de conflits. Là, la corruption, les milices privées et la déstructuration sociale sont des facteurs de pression énormes sur la manière de dépenser l’argent.

Taux des dépenses militaires (% du PIB)
Voici le Top 10 des Etats dont les dépenses militaires sont les plus importantes par rapport au PIB. Il est tiré du site "indexmundi" La Corée du Nord n’y est pas mentionnée, je lui réserve un traitement particulier. On l’a dit, un indicateur n’est qu’un indicateur, il ne s’agit pas de lui faire parler de toute la réalité. Il est en incapable… Il en dévoile pourtant une partie !

1
Oman
11.4
2
Qatar
10.0
3
Arabie saoudite
10.0
4
Jordanie
8.6
5
Iraq
8.6
6
Israël
7.3
7
Yémen
6.6
8
Arménie
6.5
9
Érythrée
6.3
10
Ex-Rép. de Macédoine
6.0

En ce qui concerne la Corée du Nord, l’annuaire économique et géopolitique mondial « l’Etat du Monde » édité chaque année mentionne un taux de dépense militaire de 27 % du PIB. Ce qui est proprement ahurissant ! En comparaison, les dépenses militaires des Etats de l’UE par rapport au PIB dépassent rarement les 3 %. « La part des dépenses militaires par rapport au budget total a augmenté considérablement depuis les années 1960: de 3,7% en 1959 à 19% en 1960, et, après une moyenne de 19,8% entre 1961 et 1966, à 30,4% en 1967. Après être resté à près de 30% jusqu'en 1971, la part de la défense a diminué brutalement à 17% en 1972, et a continué à baisser durant les années 1980. Officiellement, en 1989 et en 1990, la part des dépenses militaires est restée à 12%, et pour 1991 il était de 12,3% à 11,6% prévu pour 1992. La tendance à la baisse semble conforme aux intentions annoncées par le gouvernement pour stimuler le développement économique et accroître les avantages sociaux. Toutefois, les experts occidentaux estiment que les dépenses réelles militaires sont bien plus élevés que les chiffres du budget ne l’indiquent. »

En outre, on remarquera sans grand étonnement que sur ces 10 pays, 6 sont des Etats arabes et 8 sont situés au Moyen Orient, justement là où les tensions ethniques et religieuses, là où les ressources pétrolières et minières sont concentrées.

Taux d’alphabétisation
Allié aux investissements éducatifs que nous examinerons plus bas, cet indice tend à montrer le niveau de développement social du pays, la confiance du gouvernement dans sa population, et son ouverture politique, doctrinale, philosophique. Cet indice montre, à l’inverse du premier, à quel point les autorités nationales sont soucieuse du peuple qu’elles sont censées conduire, protéger, développer. A nouveau, il est intéressant de mettre en parallèle l’attitude des gouvernements avec l’attitude d’un individu sur le plan simplement personnel. C’est un aspect connu en psychologie qu’un individu ne tient pas longtemps en entretenant avec lui-même et avec les autres ensuite une attitude de repli défensif. Cette attitude poussée à l’extrême provoque des pathologies paralysantes, guerrières et (auto-) destructrices d’une rare violence que l’on retrouve dans les relations internes d’un Etat et dans certains contextes internationaux, notamment au Moyen-Orient.

Voici le Top 10 des Etats dont le taux d’alphabétisation est le plus important.

Taux d’alphabétisation
1
Luxembourg
100
2
Finlande
100
3
Géorgie
100
4
Estonie
99.8
5
Cuba
99.8
6
Pologne
99.8
7
Barbade
99.7
8
Lettonie
99.7
9
Samoa
99.7
10
Biélorussie
99.6

Complétons avec le top 10 des Etats dont le taux de dépenses globales liées à l’éducation sont les plus élevés (% du PIB)

1
Cuba
18.7
2
Vanuatu
11.0
3
Lesotho
10.4
4
S. Vincent & Gren.
10.0
5
Yemen
9.5
6
Brunei
9.1
7
Mongolie
9.0
8
Danemark
8.5
9
Guyana
8.4
10
Malaysia
8.4

Croisons maintenant ces indices avec les niveaux des dépenses pour l’éducation et la formation. D’abord pour les 10 pays avec les dépenses militaires les plus élevées :

Dép. militaires / Tx d’alphabétisation / Dép. éducatives
1
Oman
11.4
81.4
4.6
2
Qatar
10.0
89.0
3.5
3
Arabie saoudite
10.0
78.8
5.7
4
Jordanie
6.8
89.9
4.9
5
Iraq
8.6
74.1
7.5
6
Israël
7.3
97.1
10.0
7
Yémen
6.6
50.2
5.2
8
Arménie
6.5
99.4
3.2
9
Erythrée
6.3
58.6
4.1
10
Ex-Rép. Macédoine
6.0
96.1
3.5

1
Luxembourg
0.9
100
4.4
2
Finlande
2.0
100
6.4
3
Géorgie
0.6
100
2.2
4
Estonie
2.0
99.8
5.7
5
Cuba
3.8
99.8
18.7
6
Pologne
1.7
99.8
5.6
7
Barbade
0.5
99.7
7.6
8
Lettonie
1.2
99.7
5.8
9
Samoa
-
99.7
4.8
10
Biélorussie
1.4
99.6
6.0

La moyenne en UE se situe entre 5 et 6 % (Grèce 2.9 % et Danemark 8.5%).

Graphique 1 : Distribution des dépenses militaires dans le monde en 2009 
Situation des USA pour maintenir leur monopole est aberrante… Cercle vicieux qui va à la décadence de la même manière que l’Empire romain.

Graphique 2 : Dépenses militaires régionales 2009 (en US$ constants)
Sources : Globalissues
Brève interprétation des statistiques
Mis à part Israël, dont le budget est gonflé par les apports des Etats-Unis et Cuba, on remarque que globalement le souci des gouvernements pour l’éducation n’est pas monstrueusement plus bas dans les Etats dont le budget militaire est élevé. Pourtant, les différences se révèlent lorsque l’on compare les dépenses militaires et éducatives en faisant des ratios. Par exemple, les gouvernements qatari et saoudiens investissent respectivement 2.5 et 2.8 fois plus dans le domaine militaire que dans l’éducation de leur peuple. Il faut ajouter à cela un taux d’alphabétisation assez bas ce qui accroît cette tendance. A l’inverse, les autorités lettones et cubaines investissent près de 5 fois plus dans la formation et l’éducation que dans leur armée.

Petit détour spécial pour notre République démocratique populaire de Corée du Nord. Les chiffres sont systématiquement difficiles voire impossibles à trouver - preuve irréfutable que s’y cache un enjeu politique fort – et proviennent du site de l’Université de Sherbrooke . Les dépenses pour la santé publiques constitueront donc notre indice comparatif… Ainsi pour 27 % de dépenses militaires globales, le gouvernement nord-coréen dépenses – selon les sources – entre 1 et 3% du PIB pour la santé publique, c'est-à-dire environ 8 fois moins ! Sur le plan de l’éducation, ne nous y trompons pas : si plusieurs sources indiquent un taux d’alphabétisation de 99 %, c’est à dire aussi élevé que dans certains pays d’Europe, rappelons que, au sujet du droit à l’éducation en Corée du Nord, le gouvernement promeut une éducation idéologique qui, selon Kim-Jong-il, numéro 1 du pays, « doit prendre le pas sur l’éducation académique dans les écoles. L’enseignement est obligatoire pour tous les enfants jusqu’à l’âge de 15 ans. (…) Les enfants sont soumis à un endoctrinement politique et à plusieurs heures d’entraînement militaire par semaine dans les écoles. Ils sont envoyés au travail dans les usines ou dans les champs afin de contribuer à la réalisation des objectifs de production. »

Enfin et pour couronner le tout, note Cheong Seong-Chang dans l'Etat du Monde 2000 (p. 295), nombre de spécialistes s'accordent pour affirmer que la famine aurait provoqué plus de trois millions de morts depuis 1995. Les autorités de Pyongyang ont commencé, fin 1998, à distribuer régulièrement à la population des denrées alimentaires envoyées par la Communauté Internationale... Bienvenue en République « démocratique » et « populaire » !

Pascal Tornay