Aimer - connaître

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Photo de Guy Leroy

lundi 15 décembre 2008

Le chant et la liturgie.

De tous temps, la musique et le chant ont été des porte-voix vers le sacré. C'est d'ailleurs dans l'objectif du sacré, de Dieu - des dieux - que l'on faisait de la musique et que l'on chantait. Le jeune David ne ravissait-il pas le roi Saül au son de sa harpe ? Ne parvenait-il pas à dissiper ses soucis ! Des milliers d'années ont passé et l'Eglise est héritière d'une tradition de musique sacrée extraordinaire. D'œuvres monumentales aux modestes pièces, les chants des chorales et des groupes d'animation de la région embaument nos célébrations liturgiques. La musique accompagne la prière des croyants et les conduit au Seigneur notre Dieu, par leur beauté, par leur cohérence avec Sa Parole. Ils sont un onguent provenant du fond de l'âme des êtres humains. Ils sont un cri touchant, un hymne à l'amour de notre Dieu. Ils Le séduisent, comme Il nous a séduit par sa Parole et son Amour. Cherchons toujours mieux à mettre la musique et les chants à l'honneur dans nos célébrations ! Une place juste, un hymne vrai, des cœurs unis, d'une même voix dans un seul Esprit, celui du Christ.

Pascal Tornay


La chorale dans la liturgie

Chef de chœur, enseignant, directeur des écoles primaires de Vollèges, Jean-Michel Hiroz, s'exprime au sujet de son expérience dans sa communauté du Levron.


La plupart des chorales de nos paroisses ont été créées dans le but premier de soutenir et d’animer les offices religieux. Ainsi, dans les statuts de 1939 du chœur d’hommes du Levron, on peut y lire que l’objectif principal de la société était de « développer la musique religieuse et profane pour rehausser les cérémonies religieuses et pour procurer aux membres et à la population en général des récréations agréables et utiles ». Qu’en est-il aujourd’hui ? Est-ce qu’une chorale a encore sa place dans la liturgie ? Quel est son rôle et quelle importance a-t-elle dans l’animation de la liturgie ?

Par le baptême, être engagé dans l’Eglise
Aujourd’hui, les prêtres sont moins nombreux et pourtant leurs responsabilités n’ont pas diminué. C’est pour cette raison que les laïcs sont de plus en plus sollicités pour les seconder dans leur activité pastorale : quelques-uns seront auxiliaires de l’eucharistie, certains lecteurs et d’autres chanteurs. Tout en restant le berger de sa paroisse, le prêtre peut compter sur l’aide de nombreux laïcs qui s’engagent pour le décharger et pour faire croître la vie de la communauté paroissiale. Ainsi, avec la confiance du prêtre, le directeur de la chorale se charge de choisir des chants et des répons en rapport avec la liturgie du jour, il les lui communique et les affiche dans l’église avant la messe.

Renouveler le répertoire des chants religieux
De plus, avec un peu de bonne volonté, en se retrouvant une demi-heure avant chaque messe dominicale, les membres du chœur peuvent déchiffrer de nouvelles pièces religieuses et ainsi renouveler leur répertoire. Repris plusieurs fois durant les cérémonies, ces chants seront appris par l’assemblée qui pourra chanter avec la chorale. Ceci évitera que l’on entende tous les dimanches les mêmes pièces « passe-partout ».

Rehausser la liturgie lors d’occasions particulières

Enfin, en plus de renouveler et soutenir le chant de l’assemblée pendant les messes dominicales, le chœur pourra rehausser la liturgie des grandes fêtes (Noël, Pâques, patronale,…) ou lors d’occasions spéciales (mariage, ensevelissement, messe anniversaire d’un défunt,…). A ces moments-là, des pièces polyphoniques seront interprétées pour donner un air plus solennel à la cérémonie.

Créer une « communion » durant les cérémonies

En résumé, la chorale joue un rôle primordial dans la vie paroissiale : en plus de se mettre au service du prêtre pour le décharger et lui permettre de donner davantage de temps à la préparation de la messe,
elle anime la liturgie, renouvelle le répertoire des chants religieux, donne un air festif aux offices et, par conséquent, elle favorise la « communion » entre les différents membres de la communauté présents à la
cérémonie. L’engagement des chanteurs est exigeant mais il apporte à chacun une motivation tout au long de son activité annuelle, qu’elle soit religieuse ou profane.

Jean-Michel Hiroz, Le Levron



«Chanter, c’est prier deux fois !»


Solange Besson, elle aussi cheffe de chœur dirige l'Echo du Mont Brun. Elle nous fait part de sa vision de la musique liturgique, qu'elle tire de sa grande expérience.


En y réfléchissant d’un peu plus près, ce dicton recèle sa part de vérité. Prier deux fois… pas en quantité, mais en intensité. La Parole entre en nous par notre cerveau, notre intellect. La musique, elle, puisqu’elle
est vibration, s’adresse à notre corps. Nous entrons littéralement en vibration avec elle, son message nous touche physiquement.

Quand la musique est bien composée, quand elle est en harmonie avec le texte, elle permet aux mots de descendre dans le cœur, elle est déjà une méditation immédiate de la Parole. Le message entre en nous par notre corps et notre cerveau simultanément, nous sommes touchés dans notre plénitude. Alors oui, lorsque le texte et la musique sont intimement complices, chanter, c’est assurément prier deux fois.

La musique se prête à des circonstances différentes

La musique est étroitement liée à la fête. Nous avons la chance de pouvoir compter sur la présence de nos chorales lors des célébrations des fêtes liturgiques et lors de nombreuses messes dominicales. Nous leur adressons toute notre gratitude. Mais la musique est aussi essentielle pour partager la douleur, la souffrance de la mort. De nombreux chanteurs et chanteuses offrent leur temps pour que nos cérémonies d’ensevelissement soient empreintes d’émotion et de compassion. C’est une belle manière de marquer le soutien de la communauté.

La musique, signe de notre unité !

Toutes nos messes ne sont bien sûr pas animées par des chorales. Des animateurs liturgiques ont le mérite de s’engager pour que les paroissiens chantent. Ce qui est fascinant quand une assemblée chante,
c’est que tous ensemble nous respirons, expirons en même temps. Nous adoptons le même rythme, nous formons un seul cœur par l’union des voix. Le chant en commun est important dans la liturgie. Il ne s’ajoute pas au rite comme un simple ornement, il en déploie la profondeur.

Alors, que ce soit de grandes œuvres chorales polyphoniques, des chants d’enfants ou des mélodies toutes simples, chantons la joie, la peine, l’espérance au cœur de nos liturgies.

Solange Besson, Verbier

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